MONSIEUR UNTEL : “JOHNNY” (2)

20 mai 2011. 21h30. 18e arrondissement de Paris. Chez Monsieur Untel. « Yaourt au soja ou roquefort d’abord ? » me demande mon hĂŽte. Je suis toujours chez lui. Et la discussion autour de son OpĂ©ration Johnny est dĂ©jĂ  bien entamĂ©e. Avant qu’on en vienne Ă  la tisane et qu’il ne me fasse Ă©couter des vinyles de Barry White, Montand et Johnny « Ɠuf corse » (son « Requiem pour un fou » envoie du feu de Dieu !), j’ai envie qu’on creuse 2-3 choses.

Dans les annĂ©es 80, comme il l’a dit dans le numĂ©ro de mai-juin 2011 de Voxpop, le cĂ©lĂšbre photographe new-yorkais William Klein (le Gains’ trav’ de Love on the Beat c’est lui) a Ă©crit un film « inspirĂ© par la vie de Montand » pour « casser le truc de l’adoration » car Ă  l’époque « c’était plus qu’un acteur. Les gens disaient toutes sortes de conneries » genre « Montand ! Oh mon dieu, c’est une conscience pour la France ! » et lui ça le « gonflait ».

Montand le gonflait comme Elvis qui, « c’est toujours la mĂȘme histoire », « volait tout » aux rockers noirs. Il l’avait vu au Ed Sullivan’s Show. Ça ne l’avait pas « impressionné ». « Bon, il bougeait bien. On l’appelait Elvis The Pelvis. Mais c’était juste ça. Il faisait bien la pute Ă  la tĂ©lĂ© (rires). Et pour ça toute l’AmĂ©rique avait dĂ©cidĂ© de l’aimer. Qu’est-ce que vous voulez faire contre ça ? » Alors il avait Ă©crit ce projet : Le Retour du pĂ©tomane.

L’histoire ? William Klein la rĂ©sume comme suit au magazine musical Voxpop : « une troupe de thĂ©Ăątre s’arrĂȘte dans un bistro de Provence. C’est l’anniversaire de l’un des comĂ©diens et le patron demande au serveur : « Fais-leur ton truc pour souhaiter « bon anniversaire ! » » Alors le serveur se met Ă  faire « bon anniversaire ! » en pĂ©tant. Tout le monde trouve ça gĂ©nial et les acteurs disent au serveur : « Monsieur, vous ĂȘtes assis sur un trĂ©sor. »

« Bref, le pĂ©tomane part sur la route et devient star. Drucker l’invite dans ses Ă©missions. On demande mĂȘme son avis dans les programmes politiques. Il devient un guide spirituel pour la France (rires). Exactement comme on faisait avec Montand. » Klein avait « proposĂ© Ă  Gainsbourg de jouer le rĂŽle-titre du film et il Ă©tait enchantĂ©. Le sujet le faisait rire et il se mĂ©fiait des icĂŽnes. Malheureusement, il est mort avant qu’on ait pu tourner ».

Bref (bis), contrairement Ă  Gainsbourg, Montand et Elvis, Johnny vit encore. A quel prix ? VoilĂ  ce que je me demande. La plaisanterie n’a-t-elle pas assez durĂ© ? Ou, pour le dire autrement, et avec plus de nuance : Ă  68 ans et au stade oĂč il en est, tout cela n’est-il pas qu’une vaste plaisanterie qui ne dupe plus personne ? C’est ce que je me demande, moi qui n’ai jamais idolĂątrĂ© ces gens. Et pourquoi Untel iconoclaste s’accroche-t-il Ă  Johnny ?

Lentilles corail englouties, on continue de dĂ©plier l’OpĂ©ration Johnny, Ă©trange combinaison d’une chanson Ă©crite pour Johnny et d’un projet d’émission mi tĂ©lĂ©-rĂ©alitĂ© mi road-movie dont je n’en ai pas encore saisi tous les rouages. L’occasion de sonder plus en profondeur les tenants et les aboutissants du mythe Johnny Hallyday et les lubies de cette Ă©nigmatique personne qu’est Monsieur Untel. On prend le temps, dĂ©guste. « Roquefort, merci. »

 

« des charlots sillonnent le pays à la rencontre des fans de Johnny »

 

 

En fait que ce qui a l’air excitant quand on Ă©crit pour Johnny c’est qu’on Ă©crit sur plein de choses (le rock, la France, l’idole et soi), car c’est un prisme, une matrice. C’est aussi ça qui fait que tu as passĂ© 9 ans Ă  Ă©crire ta chanson pour Johnny et que finalement tu proposes tout un projet d’émission de tĂ©lĂ© autour de cette chanson ?

Oui, pour des raisons qui, Ă  un moment donnĂ©, sont indĂ©pendantes de ma volontĂ©. J’ai terminĂ© cette chanson quand dĂ©marrait la prĂ©-prod de l’album de Johnny, avec –M–, Nucci et Hocine. Donc ça collait pas. Ça pouvait pas coller. Parce que c’est un album qu’ils ont fait ensemble. Tout Ă  coup, dans tout ça, ma chanson aurait Ă©tĂ© un ovni. Cela dit, elle Ă©tait faite pour l’ĂȘtre. Mais voilĂ , elle tombait pas dans le bon timming. On a donc rĂ©flĂ©chi, car la chanson Ă©tait lĂ , je la tournais, elle Ă©tait prĂȘte, je le sentais. Les chansons c’est mystĂ©rieux, capricieux… Moi aussi y’en a que j’ai mis beaucoup de temps Ă  finir pour moi !

Celle-ci c’est donc un peu une chanson à toi en fait !

Oui, mais en mĂȘme temps c’est pas du Untel. Vraiment pas. MĂȘme si moi, quand je la chante, y’a beaucoup de moments oĂč je me sens en communion avec ce mec, dans ma façon de vivre intensĂ©ment, un peu folle, cramant mes ailes sur des trucs, y revenant aprĂšs en faisant gaffe, mais repartant toujours dans des excĂšs de vie, d’Ă©nergie
 En lui j’ai vraiment la sensation d’avoir dĂ©couvert un mec entier, Ă  moitiĂ© dingue, mais comme il faut l’ĂȘtre pour vivre Ă  fond ses histoires, d’amour, de bagnoles, de femmes. D’alcool aussi, beaucoup. Je sais que voilĂ . La folie des concerts, l’inconscience des dĂ©penses. Une vie sans freins. Sans rĂ©elles barriĂšres. On y va et puis c’est un roman. (Silence.) Je sais pas, j’ai l’impression qu’à ma façon je vis un peu comme ça, tu vois ? Que vivre c’est ça. Pourquoi se limiter ? Les contingences sociales, toutes ces choses qui sont mises pour que la sociĂ©tĂ© existe, que les mecs continuent Ă  faire leurs affaires, que l’Etat soit l’Etat et que dedans y’ait tous ces gens qui vont naĂźtre, grandir, faire des enfants et mourir et laisser leur patrimoine, ensuite gĂ©rĂ© par leurs enfants, etc. et que c’est ça qui tient la France. Bah voilĂ , le mec il est rentrĂ©, il avait rien Ă  foutre de tout ça, il a foncĂ© dans son truc, Ă  mille Ă  l’heure. Il a eu la chance de voilà


Être la bonne personne au bon moment au bon endroit.

Ouais, bien sĂ»r, bien sĂ»r. Et son Ă©nergie correspondait car elle annonçait prĂ©cisĂ©ment mai 68. Quand il arrive y’a vraiment la fougue de cette jeunesse qu’en peut plus des carcans bourgeois des annĂ©es 50 et tout ça. Pour ça, il reprĂ©sente vraiment le rock.

Mais il n’a jamais rayonnĂ© hors de nos frontiĂšres


Bah dĂ©jĂ  il chante en français. C’est pas une langue facile Ă  chanter. Et c’est pas une langue facile Ă  Ă©couter en chansons quand t’es pas francophone. Ça c’est certain. Y’a trĂšs peu de gens qui ont marchĂ© Ă  l’Ă©tranger en chantant en français. MĂȘme Montand quand il tournait aux Etats-Unis, et c’est un des rares, je crois qu’il chantait beaucoup en anglais.

Je sais pas, je n’ai jamais vĂ©cu avec Montand


(Rires.)

Bref, entre Johnny et toi, y’a des connexions !

Oui, mĂȘme si c’est pas la mĂȘme Ă©poque et qu’on n’est pas pareil. Je ne suis pas blond. (Rires) Mais je l’Ă©tais petit. Vraiment trĂšs blond. Presque blanc. Curieusement c’est parti. Mais c’est assez curieux une chanson. D’ailleurs je sais pas si t’en Ă©cris Sylvain ?

Non.

Mais ça te fait peut-ĂȘtre ça des fois pour tes textes. Moi quand j’Ă©cris des textes qui sont pas faits pour ĂȘtre chantĂ©s, par exemple les textes-rĂ©clames de PolystyrĂšne TV (son label – nda) qui sont souvent basĂ©s sur les onomatopĂ©es et sur les allitĂ©rations, je les lis Ă  voix haute pour voir comment ils sonnent. C’est peut-ĂȘtre une dĂ©formation liĂ©e Ă  mon travail de chansonnier. Mais les chansons, pour trouver les mĂ©lodies, tu joues, tu joues, tu joues. AprĂšs, pour trouver la mĂ©lodie qui va avec tels et tels mots, tu rejoues, tu rejoues, tu rejoues jusqu’Ă  ce que les deux dansent parfaitement ensemble. Ça prend des annĂ©es Ă  se patiner une chanson. Des fois quand je suis sur scĂšne en jouant je mĂ©morise lĂ  oĂč ça sonne et j’essaie de reproduire ça aprĂšs, j’incorpore petit Ă  petit tous ces Ă©lĂ©ments et un jour – Ă  chaque fois y’a un jour, un moment – la chanson me dit : « C’est bon, je suis prĂȘte ». C’est elle qui me le dit, pas moi. Y’a un truc comme ça. C’est comme un Rubik’s Cube quand tu l’as fini : les couleurs flashent de partout ! Tu le vois : il Ă©met une Ă©nergie harmonique. Mais Ă©videmment une chanson parfaite c’est plus compliquĂ© Ă  faire qu’un Rubik’s Cube. Y’en a pas beaucoup de chansons parfaites, qui trouvent leur forme dans tous les sens. Mais y’en a quelques-unes. « Billie Jean », pour moi, est un exemple de chanson parfaite.

Mais encore ?

« Aline » de Christophe. D’ailleurs je me souviens que tu as fait une belle interview de lui. J’ai beaucoup aimĂ©. Et donc cette chanson pour Johnny m’a dit un jour : « Je suis prĂȘte. »

Tu avais atteint ce « sur mesure » que tu n’arrives jamais Ă  t’ĂŽter de la tĂȘte.

Bah c’Ă©tait le but. Ça pouvait pas ĂȘtre une chanson Ă  peu prĂšs bien pour lui.

Je comprends. C’est mĂȘme pas : « Tiens, je vais faire du sur-mesure pour Johnny ». C’est juste que tu n’arrives pas Ă  te sortir d’un


Perfectionnisme total et fasciste qui me
 Enfin, je le vis pas mal, je suis assez bien avec ça, simplement ça me contraint à produire peu. Trùs peu.

Mais tu ne fais pas que des chansons, tu fais aussi des vidéos, des spectacles


Mais c’est pareil dans les autres domaines, si ce n’est pour certaines vidĂ©os que je suis parfois obligĂ© de sortir alors qu’elles ne sont pas vraiment finies dans ce sens-lĂ . Avec les chansons c’est plus facile, j’ai tout mon temps depuis que je n’ai plus pour objectif de faire des disques pour une maison de disques. En fait, j’ai jamais voulu faire ça et je le ferai jamais car je veux pas qu’on me dise : « T’es en contrat coco, tu dois avoir fini ton disque dans 12 mois. »

Le fameux « coco » !

Ouais, tu peux pas ça. C’est pas possible.

Faut ĂȘtre capable, tout le monde ne l’est pas.

Le problĂšme des gens qui doivent fournir, on le voit dans leurs albums. A tel ou tel endroit, on voit bien que le mec a eu une panne et que c’était pas le bon moment pour lui


Pour toi quels sont les albums oĂč tous les morceaux font corps, oĂč rien n’est Ă  jeter ?

Ça y’en a pas beaucoup aussi des albums parfaits. Y’a Melody Nelson.

Mais on a aussi besoin d’albums imparfaits, de disques oĂč il y a Ă  boire et Ă  manger, Ă  prendre et Ă  jeter, de ces artistes qui tentent des choses au risque de rater, bĂącler. Par exemple Bashung n’a pas fait que des albums parfaits.

Bah y’en a un : Fantaisie militaire.

Mais sur ses autres disques il a semé des choses fortes et atypiques qui ont fait école.

Ah oui, bien sĂ»r, et heureusement qu’il a fait ces choses-lĂ .

Qu’il n’a pas Ă©tĂ© dans une sorte de constipation artistique


Oui, je suis d’accord, mais ça c’est un problĂšme entre moi et moi, je peux pas faire autrement, je suis contraint, c’est comme ça. Je n’ai sorti que deux disques en 17 ans (Bien Ă  vous en 94 et Le Bureau des affaires animales en 2006 – nda) et encore, aucun n’est ce que j’appelle un « album parfait ». Mais Ă  un moment il fallait que je les sorte, surtout le deuxiĂšme parce que j’avais pris des engagements avec des Ă©diteurs, que y’avait plus d’argent, qu’on pouvait plus continuer Ă  mixer. Sinon je serais encore sur le mix (rires) ! Oui, 5 ans aprĂšs je pense que j’y serai encore. Et on y serait allĂ© tous les jours. Enfin, mais y’a peut-ĂȘtre un moment oĂč le truc m’aurait dit : « Je suis prĂȘt. » On n’était pas trĂšs loin sur Le Bureau des affaires animales. Vraiment. J’aurais complĂštement remixĂ© « L’Homme moderne », j’aurais changĂ© des choses, rajoutĂ© des machins Ă  2-3 endroits, etc. Mais bon dans ces moments-lĂ  ce qu’il faut se dire c’est qu’il y a quand mĂȘme un prisme, un angle. C’est-Ă -dire que la chanson peut ne pas te paraĂźtre parfaite mais si tu la regardes sous un autre angle, en considĂ©rant d’autres Ă©lĂ©ments, qui peuvent ĂȘtre le film que tu vas faire autour, la pochette du disque ou le disque lui-mĂȘme en tant qu’enchainement de chansons, bah hop ! tu vois que tout s’équilibre et se met mĂȘme en valeur par un subtil jeu de contrastes entre forces et fragilitĂ©s. Ça crĂ©Ă© mĂȘme des surprises. Un ingĂ©-son avec qui j’ai beaucoup travaillĂ© m’avais appris un truc fantastique. Il m’a dit : « Lors du mix, ce qui est beau tu le mets devant. » Et c’est trĂšs juste. Si dans ta construction tu avais prĂ©vu que les guitares allaient ĂȘtre importantes dans tels morceaux et que tu te rends finalement compte que le son terrible que t’as fait est dans ta basse, bah c’est la basse que tu mets devant. Et tant pis si c’est pas ce qui Ă©tait pas prĂ©vu. Ce qui est beau, c’est beau donc paf tu le mets devant. Et tes guitares on les entendra d’autant mieux qu’elles vont venir servir quelque chose qui de toute façon est beau. Ça vaut mieux que de tendre l’oreille pour chercher cette basse d’enfer que t’as masquĂ© dans le mix par l’omniprĂ©sence de guitares moyennes. Nan, le truc extra tu le fais sonner !

Toi, justement, comment tu vas faire sonner ta chanson pour Johnny ?

Je l’ai refaite avec Rover (TimothĂ©e RĂ©gnier – nda) et JĂ©rĂ©my RĂ©gnier d’Haussman Tree.

Avec le coffre qu’il a Rover pourrait trùs bien chanter du Johnny, non ?

Le coffre de Rover ! Trùs bon trùs bon Sylvain ! Bravo. C’est les lentilles ?

On va dire ça ! Et c’est donc avec eux que tu remaquettes la chanson ?

Oui, on a fait une orchestration basse-batterie un peu plus rock pour les fans et car ça me faisait plaisir de livrer un truc un peu plus Ă©toffé avec des musiciens qui jouent, des choses qui se passent, un solo de guitare, etc. plutĂŽt que la puretĂ© du trait guitare-voix, qui est l’ossature. C’est ce que tu as Ă©couté ?

Oui.

Je te ferai Ă©couter la version arrangĂ©e au dessert. Mais attention par contre ce ne sont pas du tout les arrangements dĂ©finitifs. Primo parce que j’ai trĂšs envie de discuter de ça avec Johnny. Moi ce que j’ai voulu construire c’est une mĂ©lodie, un texte qui va avec, et que tout ça danse ensemble dans l’esprit de ce que je ressens de lui et de ce qu’il m’apparaĂźt ĂȘtre pour les gens. AprĂšs, les arrangements, moi je n’ai pas envie d’imposer ça parce que du coup vers oĂč aller ? LĂ , je sais pas, c’est plus dĂ©licat Ă  percevoir. Le goĂ»t du grand public ? Non, ça veut rien dire. Les sonoritĂ©s Ă©lectroniques que j’aurai envie de faire ? Non plus. Ce sera plus sĂ»rement selon son goĂ»t du moment. Je serai lĂ  et je veux bien en discuter. Mais je peux mĂȘme ne pas ĂȘtre lĂ . Il peut voir ça avec des musiciens Ă  lui. LĂ  c’est plus vraiment mon truc. Les arrangements d’une chanson c’est dĂ©jĂ  plus tout Ă  fait la chanson, c’est un peu le paquet cadeau. Alors oui, le paquet cadeau change un peu la perception du cadeau et le cadeau lui-mĂȘme. Y’aura donc un emballage, c’est sĂ»r, mais je ne dĂ©poserai pas les arrangements de la chanson Ă  la Sacem. Je veux que les arrangements restent libres. C’est important.

Venons-en donc au volet tĂ©lĂ© de l’OpĂ©ration Johnny. Pour amener cette chanson Ă  Johnny, tu as conçu un projet d’émission mi tĂ©lĂ©-rĂ©alitĂ© mi road-movie. C’est bien ça ?

Oui, un feuilleton audiovisuel autour de cette chanson mystĂšre. Tiens mon assiette est cassĂ©e. Ce sont des assiettes trĂšs rares qui m’ont Ă©tĂ© donnĂ©es par mon voisin qui a une merveilleuse boutique de choses Ă©tonnantes, une sorte de cabinet de curiositĂ©s, L’objet qui parle et comme il sait que j’aime bien la faĂŻence, la porcelaine, les vieilles choses, il m’a dit que ces assiettes Ă©taient trĂšs rares, qu’il en avait jamais vu en 30 ans de carriĂšre. Ce qu’on voit dans l’assiette, c’est du lierre mauve et ça, il en a jamais vu. Quand il me les a donnĂ©es j’étais trĂšs heureux parce que tu sais Ă  quoi ça m’a fait penser ? Ça m’a beaucoup fait penser au film Ă©trange qu’on fait Cocteau et PrĂ©vert, que j’ai vu 100 fois mais dont le titre m’échappe soudainement (il s’agit de Les visiteurs du soir de Marcel CarmĂ© avec PrĂ©vert au scĂ©nario et aux dialogues et Cocteau nulle part puisque, comme il le dira, ces deux-lĂ  n’ont jamais « collaborĂ© en matiĂšre de cinĂ©ma », Untel a juste fait la « fusion mentale » de ce film avec La Belle et la bĂȘte – nda).

J’ai lu le dossier de l’OpĂ©ration Johnny que tu me l’a mailĂ©. Je l’ai trouvĂ© ultra bĂ©ton, tant dans l’idĂ©e que dans la maniĂšre dont elle est dĂ©roulĂ©e. En le lisant, je me suis dit que si j’avais Ă©tĂ© producteur, j’aurais allumĂ© un cigare et sorti le carnet de chĂšques !

Bah c’est ce qu’ils vont faire. Je m’aperçois que j’ai pas fait de tisane, ce qui est quand mĂȘme assez dingue. En mĂȘme temps, il faut jamais boire en mangeant. Alors j’ai plusieurs tisanes : j’ai des trucs purs oĂč on fait le mĂ©lange nous-mĂȘmes et j’ai ce mĂ©lange de Beyrouth oĂč il y a mĂȘme des cheveux de rousse, et j’ai vu que tu en Ă©tais friand


C’est vrai, je me suis souvent illustrĂ© dans la rousse


(Rires.)

Je sais pas pourquoi, ça m’échappe

Tellement de choses nous Ă©chappent quand il s’agit des filles qu’on pourrait Ă©crire une encyclopĂ©die en 15 volumes


Allons-y pour le mélange


On va se dĂ©foncer. Moi je carbure Ă  ça depuis des mois. A la base, pour moi, prendre une tisane ça voulait dire boire de l’alcool. Maintenant je dĂ©couvre la vraie tisane. Formidable.

Et donc tu as monté ce dossier pour démarcher


Oui, je cherche des partenaires, de l’argent pour faire le projet et un diffuseur pour le diffuser. A l’heure actuelle j’ai que l’équipe technique et les acteurs.

Contrairement à la chanson le projet télévisuel a vraiment été écrit à plusieurs ?

Oui, l’OpĂ©ration Johnny a Ă©tĂ© montĂ©e avec des collaborateurs. On est vraiment 4 Ă  Ă©crire. Quelqu’un s’occupe de la plateforme web. Il est aussi un des co-concepteurs et co-scĂ©naristes. Brushing (Emmanuel Vilin, qui avait initialement travaillĂ© sur la chanson – nda) est revenu dans la course et est devenu co-concepteur et co-scĂ©nariste. Il va jouer dans le teaser qu’on tourne demain matin. LĂ  on Ă©tait Ă  Cannes pendant 4 jours, j’y ai fait Ă©couter le morceau Ă  des gens de tĂ©lĂ©, des producteurs, des journalistes


Les réactions ?

Concernant tes collÚgues du monde journalistique, ils sont tous emballés.

Par la chanson ou par l’émission de tĂ©lé ?

Par l’OpĂ©ration Johnny dans son entiĂšretĂ©. Dans ce que c’est vraiment. C’est-Ă -dire un cadeau pour les fans, pour nous, pour Johnny.

Ne crois-tu pas qu’ils sont aussi emballĂ©s par la dimension gĂ©nĂ©rationnelle du projet ? Qu’à travers l’OpĂ©ration Johnny tu touches quelque chose qui leur parle au-delĂ  de la musique et indĂ©pendamment de Johnny ?

(Silence.) Comment ça ? Parce que tu penses qu’ils sont tous vieux ?

Non, au contraire, je me dis que ce projet, avec son cĂŽtĂ© multimĂ©dia et sa quĂȘte folle du pĂšre, de reconnaissance, de flamboyance, vĂ©hicule le fantasme du trentenaire qui veut s’affranchir de la micro-cĂ©lĂ©britĂ© dans laquelle cette Ă©poque l’enferme


Je sais pas. C’est difficile de savoir ce qu’y voient les gens. Toi-mĂȘme, qu’est-ce qui te sĂ©duit dans ce projet ? Ce qui te parle, c’est cet aspect « art total » ?

Oui.

C’en est en effet, je suis assez d’accord. DĂ©jĂ  parce que c’est cross media. Mais aujourd’hui tout est devenu cross media. Donc c’est pas vraiment ça non plus.

Oui, sauf que lĂ  c’est basĂ© sur un rĂȘve, un truc initiatique, Ă  la fois intime et collectif. Avec Johnny au centre. C’est pas rien. C’est le symbole du rock français, d’une Ă©poque un peu bĂ©nie aussi, Ă©conomiquement, sexuellement, etc. Mais en mĂȘme temps, je sens que ça pourrait ĂȘtre basĂ© sur autre chose, d’aussi fort, grand, inspirant


Ça, je sais pas, y se trouve que c’est Johnny
 Oui, c’est dur de savoir ce qui sĂ©duit les gens. Moi, je sais l’énergie qui me pousse Ă  avancer dans cette histoire, je sais que lĂ , aujourd’hui, je suis trĂšs trĂšs heureux que ce soit l’OpĂ©ration Johnny et pas juste la chanson pour Johnny.

AprĂšs 9 ans d’écriture tu aurais Ă©tĂ© embĂȘtĂ© de n’aboutir qu’à ce morceau ?

A partir du moment oĂč il l’aurait chantĂ© j’aurais pas Ă©tĂ© si embĂȘtĂ© que ça.

Oui, mais comme tu avais Ă©tĂ© recalĂ© au casting de son nouvel album et qu’en fait tu ne dĂ©sirais pas y figurer, comment t’y serais-tu pris pour qu’il la chante ? T’étais bloquĂ©. Avec ce projet du coup tu te sauves toi-mĂȘme de la mouise, tu te sauves doublement, et ça semble le meilleur moyen pour atteindre Johnny et qu’il chante ta chanson…

C’est certain. Et tout le processus est beau ! On est vraiment dans une philosophie orientale. C’est-Ă -dire que c’est le chemin qui compte et il s’annonce magnifique. J’adore cette histoire ! Elle me touche vraiment. Je pense qu’on va vraiment vivre des moments dingues en traversant la France Ă  la rencontre des fans de Johnny avec cette Ă©quipe de trois pieds nickelĂ©s, de doux dingues, de charlots. On fera peut-ĂȘtre aussi un saut en Belgique, en Angleterre, en Suisse. Je sais qu’il y a mĂȘme de grands fans de Johnny Ă  Beyrouth. J’en avais rencontrĂ©s.

Ça va ĂȘtre des moments de cĂ©lĂ©bration !

Oui, vraiment. On va percuter la vie de fans en leur apportant une chanson que Johnny n’a pas encore chantĂ©e pour eux. Qu’on va leur faire Ă©couter et dont ils vont pouvoir, par leur Ă©nergie, accentuer les chances d’ĂȘtre chantĂ©e par lui. Ils vont pouvoir la lui transmettre de cette façon. C’est quelque chose d’assez


Vibratoire ! LĂ , tout ça me fait penser Ă  Lynch qui croit pouvoir sauver la Terre par l’émission massive d’ondes positives de disciples de la mĂ©ditation transcendantale !

Mais c’est ça. Mais oui. D’ailleurs pour aider on invitera des stars Ă  chaque Ă©pisode.

Comment les convaincre ces stars ?

Bah c’est tout simple : Ă  partir du moment oĂč le projet sera produit, qu’il y aura de l’argent et que les gens sauront que ça se fait, on leur demandera et ils diront oui ou non. Bien entendu, j’espĂšre qu’il y aura les copains « historiques » de Johnny : Eddie Mitchell, Dick Rivers… J’en ai dĂ©jĂ  contactĂ© certains. J’espĂšre qu’il y aura aussi quelques-unes des trĂšs belles femmes qui ont partagĂ©es sa vie : Sylvie Vartan, Nathalie Baye… Pour les fans, les français et aussi pour Johnny, tous ces gens ça fait un peu un. Y’a vraiment un cĂŽté : Johnny c’est la France et la France c’est Johnny. Il y avait vraiment ça, et c’est rarissime. ça a dĂ» exister dans trĂšs peu de pays, Ă  de trĂšs rares occasions, autour de trĂšs peu d’hommes, ou de femmes, que quelqu’un symbolise Ă  ce point-lĂ  l’ensemble d’un pays avec cette longĂ©vitĂ©, ce truc incroyable d’amour. La France a vu Johnny grandir, devenir adulte, faire le fou, frĂŽler la mort. La France et Johnny ont un chemin ensemble. C’est vachement Ă©tonnant. Et rare. En Allemagne y’a eu Klaus Kinski. Kinski a jouĂ© Ă  ça. D’une certaine façon. Il Ă©tait dans un dĂ©lire plus arty. Mais il avait bien compris ça. Mais sur la route de Johnny d’autres hommes sont passĂ©s qui ont eu cette dimension : Coluche, Gainsbourg


Bashung aussi, que certains qualifiaient de « Johnny new wave » dans les annĂ©es 80…

Bien sĂ»r, mais pour Bashung c’était diffĂ©rent parce qu’il Ă©tait plus discret. Sa vie privĂ©e Ă©tait cachĂ©e derriĂšre ses chansons. Il a Ă©tĂ© trĂšs prĂ©cautionneux, pour son entourage. Moins excessif. Enfin dans son rapport aux mĂ©dias en tous cas. AprĂšs dans sa vie privĂ©e je sais pas justement. (Silence.) Mais oui, pour Coluche, Gainsbourg et Bashung Ă  un moment ça s’est dĂ©clenchĂ©. Mais Johnny, lui, c’est frĂ©nĂ©tique du dĂ©but Ă  la fin. Fou. Cinquante ans que ça dure.

Tu as prĂ©vu 12 Ă©pisodes Ă  ton Ă©mission. Et si au 12e tu n’arrives pas Ă  avoir Johnny ?

C’est pas comme ça que ça se passe. C’est pas un projet qui aura ou non un avenir. Il existe. VoilĂ . AprĂšs, le succĂšs de la chanson, l’envie qu’aura ou pas Johnny et le cƓur qu’il y mettra ou pas, tout ça, je sais pas, c’est secondaire. Le plan est parfait. C’est pas un plan d’ailleurs, c’est comme… A NoĂ«l tu te poses pas la question si c’est une bonne idĂ©e de faire des cadeaux, c’est comme ça. Je sais pas, la mĂ©taphore est complĂštement stupide parce qu’elle veut rien dire mais l’idĂ©e est lĂ . L’OpĂ©ration Johnny est comme elle est lĂ , on lui a trouvĂ© sa forme. AprĂšs, est-ce qu’il y aura vraiment 11 Ă©pisodes avec le 12e, bouquet final, oĂč on voit Johnny chanter la chanson en studio, je sais pas. Mais y’a un truc que je tiens Ă  prĂ©ciser car ça tu l’as pas lu dans le dossier, c’est qu’il y aura du public quand Johnny chantera la chanson en studio. Y’aura 11 fans qui auront gagnĂ© ça via un jeu sur opĂ©rationjohnny.com. Onze fans qui seront derriĂšre la vitre ou Ă  cĂŽtĂ© de Johnny quand il chantera la chanson. VoilĂ , je veux aussi faire ce cadeau aux gens. Et comme c’est eux qui lui diront de chanter le morceau, c’est normal qu’ils soient lĂ  quand il la chantera. Ça fait sens. Donc voilĂ , l’opĂ©ration je la propose comme ça aux chaĂźnes et aux producteurs mais au final le format sera peut-ĂȘtre un peu diffĂ©rent. Ce qu’il faut c’est que ça reste un feuilleton, qu’il y ait un suspense autour de cette chanson mystĂšre, qu’on attire un maximum de gens sur le plateforme web, qu’ils s’y inscrivent pour essayer de participer Ă  un Ă©pisode et de gagner le droit d’ĂȘtre dans le bocal quand Johnny la chantera. AprĂšs si quelqu’un me propose de l’argent, qu’il est seul sur le coup et qu’il veut absolument un autre format, on peut en discuter. Mais je trouve que l’idĂ©e est belle comme ça. Il faut un rendez-vous. C’est bien les rendez-vous. Y’en n’a pas si souvent des rendez-vous marrants, beaux et tout. Moi je me souviens des premiĂšres diffusions de la sĂ©rie Twin Peaks sur la 5. C’Ă©tait un rendez-vous incroyable ! Incroyable ! Wouah, un chef d’Ɠuvre ! Et la musique ! Badalamenti, quel musicien ! Grand musicien. TrĂšs grand musicien. J’ai rencontrĂ© Lynch deux fois dans ma vie et c’est vraiment quelqu’un de bizarre. Y’a des moments magnĂ©tiques plus ou moins forts dans la vie d’un ĂȘtre humain, mĂȘme d’une heure Ă  l’autre, on le sait bien, on peut se recharger et repartir de plus belle, on vit tous comme ça. Bien je me souviens que la premiĂšre fois que j’ai rencontrĂ© Lynch c’était dans un restaurant Ă  Cannes, je lui avais serrĂ© la main et wouah ! un courant Ă©lectrique m’avait traversĂ©. Mais vraiment terrible. Un machin, je m’Ă©tais dit : « Putain… » Peu de gens te font ça. Belmondo la premiĂšre fois m’avait fait ça. Un truc pareil d’Ă©nergie.

Tu as aussi rencontré Belmondo ?

Oui, 3-4 fois. Belmondo c’est quelqu’un que j’aime Ă©normĂ©ment. EnormĂ©ment. C’est un soleil. Quand tu le rencontres, un vrai soleil. Et aujourd’hui encore. Je l’ai revu y’a 8 mois environ. Un soleil avec une gueule ! Ses rides, on pourrait mettre les poings Ă  l’intĂ©rieur !

Des rides comme des canyons ?

Ouais, tout ça avec le soleil qu’il dĂ©gage ! Nom de Dieu ! Y’en a pas beaucoup des mecs qu’ont des gueules comme ça dans la vie. Y’a Sean Connery. Y’a eu Gary Grant. Des gueules qu’ont aussi absorbĂ© les sunlights, cet aspect hollywoodien des grands acteurs, et la vie quoi. Belmondo a ça, il a absorbĂ© les sunlights, du coup ça ressort ! C’est Ă©tonnant mais c’est ça. Dans Mulholland Drive y’a une scĂšne oĂč la jeune actrice blonde jouĂ©e par Naomi Watts joue une scĂšne avec un vieil acteur burinĂ© comme pas possible genre Hollywood pure souche avec sa gueule, son sourire, ses cheveux blancs


Oui, lui est mĂȘme super lubrique Ă  la base car il en profite clairement pour la peloter. Mais son jeu Ă  elle, son Ă©motion tragique, le fait peu Ă  peu flipper et perdre prise.

Ouais, ils sont pris dans un micmac Ă©trange mais il est dans l’Ă©nergie qu’il faut pour la scĂšne. C’est ambigu. On est vraiment dans une question de cinĂ©ma. Et c’est magnifiquement rendu. J’adore cette scĂšne ! Faut que je revoie Mulholland Drive. Quelle merveille ! Et je pense que Johnny a ça aussi cette Ă©nergie en lui.

Tu trouves que c’est un bon acteur ?

Oui, je l’ai beaucoup aimĂ© en dĂ©tective dans L’homme du train. Qu’est-ce qu’il est touchant. Dans ce film il m’a beaucoup fait penser Ă  Clint Eastwood dans Impitoyable. Le mĂȘme genre de grand hĂ©ro vieillissant, qui a un rapport, je sais pas, Ă  la vie, Ă  son corps, tout ça, une sorte de tendresse et en mĂȘme temps presque dĂ©jĂ  une abs… une sagesse.

D’ailleurs faut qu’il tienne Johnny !

Oui, cette annĂ©e il a du pain sur la planche. Il faut qu’il chante ma chanson, qu’il donne tous ces concerts, qu’il joue dans la piĂšce de Tennessee Williams Ă  la rentrĂ©e en septembre (Le Paradis sur terre – nda)
 D’ailleurs va falloir aller voir ça, ça va ĂȘtre quelque chose.

Quel Ăąge il a ?

Il va avoir 69 ans le 15 juin 2012. Mais attention, c’est une force, un gaillard.

Il a un coach sportif !

(Rires.) Il a raison. Moi dĂšs que j’ai les moyens… T’as l’air en forme toi d’ailleurs !

Quels « acteurs » vont former l’équipe de trois pieds nickelĂ©s de l’OpĂ©ration Johnny ?

Les nominĂ©s sont Rover, qu’on a vu rĂ©cemment dans Robert Mitchum est mort, Charif Gatas, un auteur et metteur en scĂšne de thĂ©Ăątre qui avait fait Du vice Ă  la racine y’a quelques annĂ©es, un succĂšs Ă  l’époque, et AurĂ©lien Rondeau, un comĂ©dien de thĂ©Ăątre. Comme moi ce sont tous de grands admirateurs de la carriĂšre de Johnny et des amoureux de certaines de ses chansons, sans ĂȘtre des fans absolus dans le sens oĂč


Vous ne portez pas de T-shirt ornĂ©s de camions et de tĂȘtes d’husky !

Ah, ça peut arriver, surtout dans l’émission. Je pense que c’est lĂ  que vont se rĂ©vĂ©ler de vraies tendances de fans ! Le T-shirt Ă  tĂȘte de loup, y’en aura ! Ouais, ça c’est sĂ»r. Il va aussi y avoir des bagnoles amĂ©ricaines, en tous cas une car c’est un road-movie, donc y’aura une Cadillac. Ils ne vont pas voyager qu’en Cadillac, parfois ils seront en Ferry et ils seront contraints de laisser la Cadillac sur le port. Et ils vont aussi voyager Ă  pieds, en train, en avion, en pĂ©niche un peu partout en France pour faire Ă©couter la chanson mystĂšre Ă  la France qui aime Johnny. Et pour que cette France-lĂ  la plĂ©biscite.

Depuis tout Ă  l’heure tu parles de Johnny et de la France. Pourquoi ne pas faire Ă©couter ta chanson au PrĂ©sident, Nicolas Sarkozy, qui semble proche de Johnny ?

(Silence.) Euh, pourquoi ne pas faire Ă©couter le morceau Ă  Nicolas Sarkozy ? Nicolas Sarkozy qui est, dit-il, un grand fan de Johnny
 Je crois que Nicolas Sarkozy est surtout un grand fan de l’électorat de Johnny.

De la mĂȘme maniĂšre qu’il avait besoin de « l’électorat de Doc GynĂ©co » ?

Oui, je pense que Doc GynĂ©co avait besoin d’un pĂšre de substitution que Nicolas Sarkozy symbolisait par son autoritarisme et que Nicolas Sarkozy avait besoin d’un presque black ou ami des blacks dans son dĂ©cor. Les choses s’assemblent souvent suivant des intĂ©rĂȘts mutuels, c’est humain, c’est naturel. On trouve ça dans la nature, dans certains parasites par exemple. Et c’est utile les parasites, ils mangent d’autres parasites. Comme les poissons-pilotes autour des requins ou les petits oiseaux qu’on voit sur le dos des rhinocĂ©ros. Mais lĂ  je ne dis pas que Doc GynĂ©co est un petit oiseau sur le dos d’un Nicolas Sarkozy rhinocĂ©ros ou un petit poisson sur le dos d’un Nicolas Sarkozy requin : je les mets un peu en-dessous de ces deux animaux.

Quoi qu’il pense, Johnny, lui, a toujours Ă©tĂ© associĂ© au PrĂ©sident en place


Bah oui parce qu’en fait ce que je pense c’est que ce sont les politiques qui lui courent au cul, pas l’inverse. Johnny c’est quelqu’un qui n’aime pas le conflit. ça je le sais. Quand quelqu’un vient lui donner son amitiĂ©, il la prend. Alors tantĂŽt c’est un homme de gauche qui le reçoit Ă  l’ElysĂ©e tantĂŽt c’est un homme de droite, mais en fait l’ElysĂ©e c’est plus la maison de Johnny que celle du prochain PrĂ©sident, qui est encore une Ă©nigme. Johnny, il y sera quoiqu’il arrive. Il y est plus lĂ©gitime que ces enfoirĂ©s, ah pardon ! que ces salopards, ah comment dirais-je ? que tous ces « fils de » qui nous gouvernent. Bien sĂ»r. C’est sa maison l’ElysĂ©e ! Parce que la France c’est Johnny. Moi si j’étais lui j’irai y becqueter tous les soirs, enfin pas tous les soirs car y’a vraiment des tĂȘtes de cons Ă  Ă©viter, mais souvent, j’irai mĂȘme en cuisine avec les gars. Moi, rien que pour ça, je me demande si y’en a pas qui essaient de briguer le poste, tu vois ? Juste pour la cantine. Y’a des gourmets en France et je pense qu’on y mange trĂšs bien.

Comme chez vous Untel !

Vous ĂȘtes bien aimable. C’Ă©tait un petit peu rĂ©gime bouddhiste.

7 réponses
  1. yanko
    yanko dit :

    Non non pas du tout, je reste dans le sujet!
    Johnny prend sa source dans la Religion Grecque Antique. Il est une incarnation terrestre possible de PromĂ©thĂ©e, c’est tellement Ă©vident pour moi !

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