MENDELSON (2)

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24 avril 2013. 21h45. Paris 20e, bar Le Bouillon St Stef. “Moi, une quatri√®me, je vais pas y arriver !” estime Pascal quand je lui propose “la m√™me”. √áa fait trois quart d’heure qu’on parle de Mendelson, le 5e album (triple) de son groupe, Mendelson, qui r√©uni autour de lui, sa gratte, ses textes, son stream, Pierre-Yves Louis (guitare), Charlie O (claviers), Sylvain Joasson (batterie) et Jean-Michel Pir√®s (idem), une vraie mati√®re musicale, comme en t√©moignera leur concert du 23 mai au Cabaret Sauvage (entre les Doors et Godspeed, s’il fallait vraiment situer). Trois quart d’heure qu’on roule, roule, et on n’est pas rendu.

On a encore de la route, assis dans l’arri√®re salle d√©serte et baign√©e de rouge du Bouillon. Encore des choses √† d√©rouler seul √† seul au sommet de cette table sur√©lev√©e par une petite estrade, genre red room √† l’abri des regards. J’ai dans mon sac quelques babioles en guise de balises GPS, au cas o√Ļ : La Solitude (Ferr√©), Matrice (Manset), L’Imprudence (Bashung), La Route (Cormac McCarthy) et le Lib√© du 2 avril o√Ļ Houellebecq, sale gosse gueule cass√©e fait la Une pour la sortie de son 3e recueil de po√®mes, Configuration du dernier rivage, et l√Ęche, roublard, que “Le monde n’est plus digne de la po√©sie…”) Je garde √ßa sous cape.

On avance, on avance, mais on est qu’√† mi-chemin alors Pascal, dans un r√©flexe j√©suitique (Mans√©en ?), Pascal qui n’est pas le leader des National (se d√©finissant volontiers comme “un mauvais conducteur qui emprunterait des heures et des heures durant la mauvaise direction sans jamais l‚Äôadmettre” comme il l’a dit √† Lyonel du magazine Magic), Pascal, qui est un mec carr√©, un mec qui file droit tant qu’il peut, d√©cline le “refill” pour mieux g√©rer l’essence. Il veut “rester conscient jusqu’au bout”. (“Prends-moi un verre d’eau, on dira que c’est de la vodka.”) Oui, c’est mieux. Surtout que c’est l’heure du “shoot”.

Johanne vient d’arriver et c’est mon atout photo sur cette interview. On s’est jamais vu. On est entr√© en contact y’a peu via Facebook. Johanne c’est une journaliste d’aujourd’hui. Une journaliste qui fait plein de choses dans le monde du rock ind√©, d’autres choses avant celle d’√©crire. Elle a cr√©e un site, Brutalize Me, o√Ļ elle fait du live report et des photos de concerts, mais elle est surtout tour manageuse de groupes plut√īt punk rock. Oui, elle est dans le camion avec eux, “embedded”, s’occupe de l’h√ītel, du merchandising… Et Pascal √ßa l’int√©resse. Parce qu’elle est jolie sans doute. Et que lui aussi s’occupe de tels groupes.

Il bosse une partie de l’ann√©e sur la prog du Festival BBmix, qui se tient chaque automne depuis 2005 √† Boulogne-Billancourt. Un festival en marge √† tous points de vues (temporel, g√©ographique, musical), puisque par exemple l’√©dition 2012 avait Spain, Ty Segall et Beak en guise de t√™tes d’affiches. Mais c’est bien beau la musique quand elle est pure, radicale, en marge (on en parlera encore tous trois apr√®s l’interview, s’en fumant une sur le trottoir, de celle des autres, Bowie, Pavement, Bill Callahan, etc.), c’est bien beau, mais √ßa nourrit pas son homme. Alors le restant de l’ann√©e Monsieur Bouaziz Pascal a un taf alimentaire.

“√áa me prend forc√©ment beaucoup de temps et d’√©nergie, confiera-t-il, sans le nommer, √† ce cher Lyonel Sasso de la revue pop Magic, mais je ne saurais pas dire si cette situation alt√®re ma cr√©ation. A une √©poque je pouvais √™tre mentalement disponible pour la musique pendant des journ√©es enti√®res. Ce n’est plus le cas. Mais je mange √† ma faim et je nourris ma famille, c’est d√©j√† pas mal. Et dans le monde du travail, tu rencontres des parcours et tu recueilles des t√©moignages. C’est brut et essentiel. J’ai racont√© tout √ßa dans “Pinto” (ndlr. un morceau extrait de l’album Quelque Part, 2000), un type qui existe vraiment.”

Pour lui, “la valeur travail” n’est donc pas une entrave : “Par exemple Pessoa a travaill√© consciencieusement toute sa vie, ce qui ne l’a pas emp√™ch√© d’√™tre extr√™mement prolifique et de cr√©er des doubles de lui-m√™me. Et d’un autre c√īt√© Springsteen a sign√© les plus belles chansons sur le travail, la mis√®re sociale et le ch√īmage sans avoir jamais vraiment boss√© en parall√®le. De toute fa√ßon, on fait toujours des proc√®s ridicules. Cendrars, on l’accusait de d√©crire des endroits dans lesquels il n’√©tait jamais all√©. Moi, je ne suis jamais all√© en Amazonie par exemple mais je connais l’endroit gr√Ęce √† Manset et Claude L√©vi-Strauss.”¬†

Tout est l√† : “Comment un homme peut-il se r√©jouir d’√™tre r√©veill√© √† 6h30 du matin par une alarme, bondir hors de son lit, avaler sans plaisir une tartine, chier, pisser, se brosser les dents et les cheveux et se d√©battre dans le trafic, se faire chier √† se trouve une place de parking pour un job o√Ļ il produit essentiellement du fric pour un autre type qui en plus lui demande d’√™tre reconnaissant d’avoir cette opportunit√© ?” disait Bukowski. Il peut pas. Il faut apporter sa propre lumi√®re dans les t√©n√®bres. Personne ne le fera pour nousdira Pascal, citant lui-m√™me le po√®te, sur son pr√©c√©dent disque. Allez, retournons √† la mine.

“Qu’ils viennent, je sais me battre”

 

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Bon je sais, c’est un peu con de formuler √ßa comme √ßa mais le dernier album √† avoir fait avancer le schmilblick de la chanson en France, musicalement, textuellement, c’√©tait L’Imprudence (il acquiesce – nda), parce qu’apr√®s, artistiquement, Bashung a r√©trograd√© avec Bleu P√©trole. Et en √©coutant ton album, en tant que journaliste et passionn√© de chanson rock, j’ai titl√©, et je me suis dit : “C’est comme s’ils faisaient l’album crescendo que Bashung n’avait pas pu faire apr√®s L’Imprudence, dans la noirceur, dans le texte et dans le spectre musical.”

(Il acquiesce √† nouveau d’un petit signe de t√™te – nda) Alors ce qu’est rigolo c’est que L’Imprudence je l’ai pas √©cout√© √† l’√©poque. Je l’ai √©cout√© que la semaine derni√®re. Il a √©t√© tellement encens√© au moment o√Ļ il est sorti que, je sais pas pourquoi… Mais je suis tellement snob aussi que des fois √ßa me joue des tours. Mais quand je l’ai √©cout√©, j’ai senti ce que tu dis, j’ai senti que…

Ce disque avait impos√© un tel respect…

Il avait une telle libert√© ce mec-l√†… J’ai √©t√© tr√®s triste quand il est mort parce que je l’ai jamais crois√© et que – j’aime pas dire du mal des gens – mais qu’il est fini son album avec…

Ga√ętan Roussel…

Ouais. Je trouvais √ßa triste. Bon, pas forc√©ment pour lui ni Ga√ętan Roussel, pour eux c’√©tait peut-√™tre super, mais pour moi, pour moi, je me disais : “Mais merde, putain, pourquoi j’ai pas fait, pourquoi pas fait la d√©marche, pourquoi j’ai pas exprim√© clairement…”

Y’aurait peut-√™tre eu un truc √† faire…

Oui, ou ne serait-ce que le rencontrer, ne serait-ce que lui dire… Donc… J’ai √©t√© tr√®s triste quand il est mort. Mais √† la limite il aurait pas eu besoin de faire L’Imprudence pour que je fasse cet album. D√©j√†, Play Blessures, d√©j√† Novice, les deux me suffisent √† faire cet album. Par exemple les textes de mes deux premiers albums, je les √©crivais en √©coutant Novice en boucle. Je pouvais pas √©couter autre chose et √ßa m’aidait tout simplement √†… J’√©crivais les textes en √©coutant sa musique. Donc il avait pas besoin de faire L’Imprudence. Mais je l’ai √©cout√© et √ßa ma scotch√© un peu quand m√™me. C’est peut-√™tre li√© aussi au moment o√Ļ j’en suis dans ma vie, √† des trucs, des histoires tr√®s personnelles, mais y’a l√† des chansons qui ont un √©cho, une force. C’est une puissance tr√®s particuli√®re. Et puis il a un phras√©, une libert√© dans le phras√©…

Qui est fort, oui. Mais sur certains de tes nouveaux morceaux j’ai trouv√© que ton phras√© se rapprochait parfois de celui qu’il a sur L’Imprudence, que tu y as aussi trouv√© ta mani√®re de dire les choses en avan√ßant dans le vide, un fantomatisme, notamment sur “Une Seconde vie”, je crois que l√† j’ai pens√© √† “Faisons envie”

√Čcoute, oui, c’est marrant parce que “Faisons envie” c’est une de celles sur lesquelles je suis rest√© accroch√©. Mais ma pr√©f√©r√©e c’est la derni√®re de l’album, qui est la reprise de la premi√®re…

“L’Imprudence” finale qui reprend √† l’harmonica le “Tel” inaugural, genre Dead Man titubant sous les astres…

Oui, l√† il fait un truc qui n’a pas √©t√© fait : c’est Talk Talk avec un texte en fran√ßais.

C’est exactement √ßa. Jean-Louis Pi√©rot qui a travaill√© sur Fantaisie Militaire m’a dit que c’est ce qu’il avait en t√™te d√®s Fantaisie Militaire : partir dans la direction de Spirit of Eden

Bah il a r√©ussi. Il a r√©ussi vraiment d’une mani√®re… Mais il √©tait… Oui, donc effectivement quand je fais des albums c’est √† eux que je parle, c’est √† Bashung, c’est √† Ferr√©, c’est √† Brigitte Fontaine, √† Barbara, √† Dylan, √† Leonard Cohen. C’est tr√®s pr√©tentieux mais en tous cas c’est √† eux que je parle, c’est pas – avec tout le respect que j’ai pour Dominique et m√™me Katerine dont j’ai ador√© Robot apr√®s tout – c’est pas √† eux que je parle, c’est aux a√ģn√©s.

Je vois. √áa va peut-√™tre t’√©tonner mais quand j’ai √©cout√© ton album, je n’ai pas pens√© qu’√† Bashung ou √† ces a√ģn√©s, j’ai aussi pens√© √† S√©bastien Tellier. Il y a quelques temps, je crois que c’√©tait durant¬†la promo de Sexuality, il disait qu’il voulait faire un album sur la morosit√© et la standardisation presque sectaire que lui inspire les lotissements des villes nouvelles. Il n’a jamais fait cet album et une nouvelle fois je me suis dit : “Bah voil√†, cet album c’est Mendelson qui l’a fait.” Vois-tu ton album ainsi, comme un projet sur la d√©pression de ces gens, de cette France-l√†…

Oui, la résignation.

Vu sa musique et son orientation freak depuis Politics, je ne vois pas trop comment Tellier aurait fait √ßa, surtout qu’√† mon avis, comme on l’a vu, c’√©tait moins une question de musique que de texte et de stream of consciouness…

Peut-√™tre, je sais pas, j’ai toujours du mal √† parler des autres parce que je les √©coute tr√®s peu, c’est navrant. Mais le peu que j’ai entendu me rend curieux de ce qu’il pourrait faire l√†-dessus… Hier ou avant hier, un mec me parlait de Houellebecq et de son album avec Burgalat…

Ah oui, Pr√©sence Humaine, tu l’avais √©cout√© √† l’√©poque ?

J’avais √©cout√© un ou deux morceaux et dans un premier temps je me disais : “C’est quand m√™me dommage que Houellebecq soit all√© voir Burgalat et qu’il ne soit pas venu nous voir nous.” Et en m√™me temps je pense que ce c√īt√© easy listening c’est pr√©cis√©ment ce qu’il cherchait pour que ce soit encore plus pervers, tordu. Comme de la musique d’ascenseur pour des gens qui vivent isol√©s dans des ascenseurs. Donc Tellier pourquoi pas, ouais. Mais… c’est quand m√™me bizarre que quelqu’un d’aussi talentueux aille faire l’Eurovision. Je me dis : “T’as pas autre chose √† foutre ?” Parce que le mec il a l’air d’avoir du talent. J’ai vu un extrait sur sc√®ne : il a beaucoup d’humour, de d√©calage, il a l’air tr√®s fort…

Oui, mais justement son talent c’est aussi son personnage, sa fa√ßon d’√™tre donc il a besoin des m√©dias de l’image pour le faire valoir, √ßa fait partie de sa musique, de son univers, de sa d√©marche, donc cette t√©l√©, il pouvait pas refuser…

Oui, mais pourquoi cette image ? En fait voil√† : j’attends l’album d√©pressif de Tellier.

Bah il l’a fait.

Ah bon (rires) ?

Oui, son premier album, L’Incroyable V√©rit√©, √©tait tr√®s noir, instrumental, perch√©. Il parlait de deuil, d’enfance, de filiation, de la famille…

Ah ouais ? Bon bah faut que je revienne en arri√®re. (Silence.) Mais c’est pour √ßa que l’album Robot apr√®s tout est tr√®s tr√®s fort, parce que l√† il arrive √† combiner les deux (l’humour de la forme et la noirceur du fond – nda) d’une mani√®re compl√®tement dingue. C’est un album qui m’a fait √©norm√©ment de bien.

Oui, je me souviens que tu m’en avais parl√© √† l’√©poque de Personne ne le fera pour nous. Y a-t-il a nouveau des choses qui t’ont plu et stimul√© √† ce point quand tu faisais ce nouvel album ?

Alors euh… J’ai √©norm√©ment √©cout√© Wilco mais je pense pas que √ßa ait eu plus que √ßa un impact sur moi. Je vois beaucoup de concerts mais j’en ai vu qu’un seul qui m’a vraiment retourn√© c’est le concert des Swans

Les Swans ? C’est pas un groupe un peu post rock √ßa ?

Oh, non, non, c’est du rock tr√®s lourd, tr√®s bruyant, tr√®s gothique, avec un truc tr√®s d√©sagr√©able pour moi parce que √ßa ne tient absolument pas compte du spectateur mais dans la radicalit√©, dans la libert√© qu’ils s‚Äôoctroient, c’est tr√®s lib√©rateur. Tu vois, je suis toujours entre les deux moi. Les mecs qui prennent √©norm√©ment de libert√©, je trouve que c’est tr√®s tr√®s agr√©able, et en m√™me temps y’a toujours un c√īt√© un peu je-m’en-foutiste qui m’√©nerve.

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Justement, comment g√®res-tu √ßa dans ta propre musique ? Parce que chez toi, c’est pareil, il y a cette libert√© radicale. Quand j’ai √©cout√© ton album, je me suis demand√© : “Mais il a conscience qu’il va vraiment miner le moral des gens l√† ?” Parce qu’on n’est pas dans la m√©lancolie l√†, le spleen, on est dans le cafard d’un ici-bas ferm√© √† double tour ! La tartine de merde. Te demandes-tu comment tout √ßa va √™tre re√ßu, la place que √ßa pourra prendre dans la vie des gens ? Moi j’ai √©cout√© ton album deux fois mais voil√†, moi je bosse dessus, c’est diff√©rent…

Ouais. Moi personnellement je peux lire Faulkner et Faulkner √ßa me fait un bien fou. Je peux regarder Dodes’kaden (film d’Akira Kurosawa sorti en 70 qui raconte la vie de marginaux autour d’un bidonville – nda), le revoir et le revoir et moi √ßa me plait. Les Ňďuvres noires me font du bien. Parce que j’ai l’impression qu’elles correspondent √† ce que je ressens. Et du monde tel qu’il est, j’ai l’impression qu’elles ne font pas l’impasse. Moi ce que je ne supporte pas, et ce qui me mine, c’est quand je tombe sur des livres ou des disques qui font l’impasse. L√†, des fois, √ßa me met m√™me en col√®re. A une √©poque je parlais beaucoup des nouveaux chanteurs fran√ßais et – √ßa se trouve je te l’ai d√©j√† dit la premi√®re fois qu’on s’est vu – je disais que c’√©tait Maurice Chevalier sous l’occupation quoi. Vraiment, j’ai cette sensation-l√† tr√®s souvent et je me dis (il tape du poing sur la table – nda) : “Mais merde quoi !”

“Qu’est-ce que tu apportes, pourquoi tu t’exposes ?”

Et puis surtout : “Tu collabores avec l’ennemi quoi !” Je veux dire, en faisant de la ritournelle – pour reprendre un titre de Tellier mais sans parler de Tellier hein – tu collabores avec l’ennemi ! Tu participes √† l’anesth√©sie g√©n√©rale et √† l’euthanasie g√©n√©rale en ne parlant pas des choses qui se passent r√©ellement donc voil√†, c’est juste du temps de cerveau disponible et toi tu participes √† la petite piq√Ľre quotidienne qui fait que bon bah tout va bien. Comme la t√©l√©, les jeux vid√©o, la radio…

En gros tu es en train de dire que dans le monde dans lequel on vit la pop, ou ce qu’on appelle la pop, c’est devenu un truc de collabo.

Pourtant la pop ça a été un mouvement de révolution.

Mais maintenant ?

Mais maintenant c’est pour vendre du Kiri. A une √©poque c’√©tait pas √ßa. Les Beatles c’√©tait de la grande pop musique mais ils v√©hiculaient autre chose, ne serait-ce que par leur allure, et la mani√®re de chanter de Lennon, r√©volutionnaire, tr√®s violente. Moi, c’est √ßa que je pr√©f√®re √©couter, donc je vais pas me mettre √† faire autre chose que ce que j’aime moi, tu vois ? (Silence.) Mais comment je vis ce que je fais ? En sachant que c’est assez douloureux mais que √ßa me fait aussi un effet. Peut-√™tre aussi qu’√† force, avec les albums, je deviens un petit peu drogu√© et qu’il faut que j’augmente √† chaque fois la dose.

Oui.

Peut-√™tre que c’est √ßa.

Le pr√©c√©dent √©tait d√©j√† noir mais celui-l√† l’est tellement qu’√† la r√©√©coute, √† c√īt√©, Personne ne le fera pour nous c’est de la rigolade, “Le Petit bonhomme en mousse” quoi. Jusqu’o√Ļ vas-tu aller ? Je veux dire, l√† c’est serr√©. D’ailleurs cet album n’a m√™me plus de titre, il s’appelle juste Mendelson, comme si √ßa y est, la boucle √©tait boucl√©e. Est-ce le cas, est-ce la fin d’un parcours ?

C’√©tait con√ßu pour. √áa fait 5 albums, comme les 5 doigts de la main et comme la fin de quelque chose, oui. Pour moi, la derni√®re chanson – enfin une interpr√©tation qui pourrait √™tre la mienne – c’est que le mec il meurt quoi. Il dispara√ģt.

Oui, mort qui s’√©ternise avec un certain faste comme dans “A mon enterrement” de Ferr√©, mais en plus dr√īle l√†, avec un sens de l’absurde, de la poup√©e qui se d√©traque, path√©tique…

Oui, oui, voil√† et il sera plus l√† apr√®s. J’esp√®re… Dans la bio du disque, Stan Cuesta, le journaliste qui l’a √©crit, dit : “On voit pas bien o√Ļ il pourrait aller apr√®s √† moins qu’il se condamne √† la lumi√®re”. Et j’aimerais bien…

La lumi√®re ? √áa me fait penser au dernier album de Dominique A, qui en parle dans plusieurs morceaux, √† commencer par le single…

Oui, “Rendez-nous la lumi√®re”… L√† on est quand m√™me pas loin de Jean-Louis Aubert, de B√©nabar ou de Sinclair, non ?

C’est un chouilla pop d√©mago… La lumi√®re, pour toi, ce serait quoi ?

Faire des ha√Įkus par exemple.

Partir carr√©ment √† l’oppos√©.

Oui, dans le tr√®s tr√®s court, et dans ce qui essaie de faire entrer un peu de lumi√®re. Mais y’a encore des textes l√† (il se tapent sur la t√™te – nda)…

T’as pas fini cette vidange ?

Oui, y’a encore des textes et des personnages qui sont l√† √† demander…

A sortir…

Ouais.

Et donc tu ne voulais de titre pour cet album ?

J’ai h√©sit√©. Au d√©part chaque disque avait un titre et puis √ßa m’a sembl√© un peu vain, j’avais pas envie que les gens disent : “Ah bah moi je pr√©f√®re tel album et tel album ou j’isole l’un de l’autre.” Donc non : Mendelson, 1, 2, 3.

Je t’avouerai que j’isole le CD2 et sa chanson de 54’25” parce que c’est dur de se dire qu’on va lancer un truc qui va durer tout ce temps non stop. J’aime le format album, mais cette chanson fait peur parce qu’il y a cette id√©e du “pas de pause”, presque du “pas de fin”.

On m’a d√©j√† fait cette remarque mais je pense que tout le monde va d√©crocher si je fais une pause au bout de 20 minutes. Si y’a une chance pour que les gens restent jusqu’au bout, faut pas que √ßa s’arr√™te (rires) !

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Et après, comment vois-tu la vie de cet album ? Des concerts sont-ils encore envisageables ? Te propose-t-on des dates ?

Oui, l√† on va faire la Villette Sonique. Et je pense qu’il y aura des dates √† la rentr√©e. On en a trois d’ici l√†. De toute fa√ßon, √ßa a toujours √©t√© tr√®s dur de trouver des concerts.

T’en fais combien g√©n√©ralement en un an, apr√®s la sortie d’un disque ? Tu sais ?

Une petite vingtaine. Comparer √† des groupes qui tournent, c’est rien. Avec √ßa, tu ne fais pas une intermittence.

Tu ne vis pas de ta musique ?

Non, mais longtemps j’ai essay√©.

Quand as-tu arr√™t√© d’essayer ?

Depuis… 2005. Donc c’est r√©cent.

Tu penses que c’est ce qui fait aussi ta force ?

Pfff j’aimerais croire que j’ai pas besoin d’avoir un boulot pour √™tre libre dans ma pratique, j’aimerais le croire. Mais probablement que si… L√†, j’ai pas de contraintes commerciales, j’ai pas un directeur artistique qui me dit ce que je devrais faire ou pas… Tu sais, un des morceaux les plus longs et les plus beaux de Dylan c’est “Highlands” (qui dure 16’32” – nda), sur un des ses albums d’il y a 10 ans (Time Out of Mind sorti en 97 – nda). Dylan, il avait 65 ans (en fait 56 – nda), et y’a quand m√™me un DA qui lui a dit : “Ah, “Highlands”, elle est super : tu l’aurais en version courte ?” A Dylan, ils sont encore en train de lui demander √ßa.

Faut oser.

Donc effectivement, moi je n’ai strictement aucune contrainte si ce n’est la contrainte que le morceau me transmet. Mais malgr√© tout, St√©phane Gr√©goire, le patron d’Ici d’ailleurs, qui m’a sign√© avant que l’album soit fini et √† qui je l’ai envoy√© le premier parce qu’il avait collabor√© √† la sortie physique du pr√©c√©dent, lui il prend le truc et il dit : “Ok, je le prends en entier, c’est fort comme √ßa.” Il dit pas : “√Čcoute, la chanson d’une heure on va la mettre en streaming gratuit sur le net.” Non, non, et je pense que c’est pas de la philanthropie de sa part, je pense que √ßa lui fait de l’effet et qu’il se dit – parce que malgr√© tout il vend des disques, c’est son m√©tier – “L√†, il y a quelque chose qui peut trouver son public.” Donc moi apr√®s je lui fais confiance, mais je me fais aussi confiance parce que l’album est √† disposition. Plein de gens me disent : “J’arrive qu’√† la moiti√©” ou “Je l’ai √©cout√© une fois, je le r√©√©couterai jamais, c’est vraiment trop dur” mais il est √† disposition, il est l√†, voil√†.

Oui, et j’imagine que c’est d√©j√† quelque chose pour toi de te dire que cet album existe et qu’il est √† disposition des gens.

Oui, oui, oui. Par exemple, r√©cemment j’ai re√ßu un message sur Facebook – je comprends absolument pas comment √ßa fonctionne mais on m’a transmis le message. C’√©tait une fille qui √©tait dans sa voiture, elle avait entendu un morceau de l’album sur Jet Fm, une radio de Nantes. Elle s’√©tait arr√™t√©, elle l’avait √©cout√© jusqu’au bout, elle √©tait boulevers√©. Donc il y a beaucoup de gens qui vont dire : “Non, pas moi.” Et y’a des gens qui vont dire : “C’√©tait mon morceau.”

Je crois que c’est ce qui s’est notamment pass√© avec “1983” sur Personne ne le fera pour nous. Il a tellement touch√© les gens que c’est devenu un morceau un peu √† part de ton r√©pertoire. Le morceau “chouchou”.

Ouais, ouais. Mais je pense qu’il y aura moins de retours de ce genre pour celui-l√†…

Quand j’ai d√©couvert “1983” √† la sortie digitale du disque, j’√©tais encore pas mal dans le dernier album de Dominique A, L’Horizon, sorti un an plus t√īt. Et “1983” me rappelait un des morceaux de son disque, “Rue des marais”. C’√©tait aussi un long stream of consciousness sur le th√®me de l’enfance vu par l’homme qu’on est devenu. Comme un retour brumeux sur les lieux du crime. Je le trouvais tr√®s beau (je lirai plus tard sur le site de Voxpop que Dominique A consid√®re que c’est l√† son meilleur texte) mais dans le m√™me genre ton morceau allait plus loin, √† tous les niveaux.

Je connais pas ce morceau, faudrait que je l’√©coute (je lui enverrai quelques jours plus tard, il me dira que “√ßa faisait longtemps” qu’il n’en avait “pas entendu une belle de lui” et qu’√† l’avenir il faudra qu’il “fasse plus attention” – nda)

C’est comme un paysage, un film qui s’ouvre sur le souvenir presque reconstruit, fantasm√©, songeur, d’un homme qui se revoit √©volu√© enfant, comme s’il enqu√™tait sur ses origines, la v√©racit√© de sa m√©moire, de ses souvenirs. Mais voil√†, l√† o√Ļ Dominique A reste sous la barre des 7 minutes, toi tu outrepasses les 11…

Dominique… il a toujours voulu tout contraindre. Je pense qu’il a un souhait profond de faire de la musique pour les gens et en m√™me temps il a un truc qui le retient et √ßa l’emp√™che d’√™tre aussi fort que ce qu’il pourrait √™tre.

Ah oui, tu penses ?

Ouais.

Et toi, qu’est-ce qui te pr√©munirait de √ßa ? De cette envie de plaire un minimum ?

Bah je pense que ce qui me pr√©munit de √ßa c’est que contrairement √† lui moi j’ai pas de maison de disques, je tourne pas beaucoup, j’ai pas une entreprise Dominique A √† faire tourner…

Je sais pas si tu avais lu √ßa mais ce que tu dis l√† me rappelle l’article qu’avait fait le magazine Voxpop sur le business de Dominique A au moment des 20 ans de La Fossette et de la sortie de Vers les lueurs (“Dans les poches de Dominique A”, Voxpop de janvier 2012). Ils avaient parl√© argent avec lui, d√©cryptant ce que √ßa g√©n√®re quand il sort un album entre les ventes d’albums, les concerts, etc. Je me souviens qu’une fois j’en avais discut√© avec une amie musicienne (Agn√®s Gayraud de La F√©line), elle avait lu l’article et elle m’avait dit en gros qu’elle √©tait √©tonn√© qu’il ne se serve pas de l’argent qu’il gagne pour monter une structure et produire d’autres artistes. √áa m’avait fait un peu cogiter cette histoire. Devrait-il le faire ? Non. Mais en m√™me temps s’il ne le fait pas, qu’est-ce que √ßa dit de lui ?

Alors s’il le fait pas, je sais pourquoi. C’est li√© √† sa position aupr√®s de notre g√©n√©ration et plus encore aupr√®s de celles qui ont suivi. Je suis arriv√© 3 ans apr√®s lui, sur le label (Lithium – nda), et d√©j√† c’√©tait un a√ģn√©. Moi je l’ai vu √† son premier concert parisien et l√† aussi, √ßa a √©t√© un personnage tr√®s lib√©rateur. Donc moi je suis arriv√© dans une position o√Ļ il √©tait d√©j√† √† abattre. Presque, presque (rires) ! Et j’avais beaucoup d’amour pour lui mais quand m√™me, c’√©tait √† lui qu’il fallait se confronter. Et je pense qu’il en a beaucoup souffert parce que lui il avait pas l’impression d’√™tre un a√ģn√©, lui il avait l’impression qu’il gal√©rait comme moi. Mais y’a pas que moi, tout le monde √©tait apr√®s lui !

Oui, mais √ßa c’est aussi li√© au fait que la presse musicale de l’√©poque, Inrocks en t√™te, le dressait en nouvelle √©g√©rie du rock litt√©raire.

Oui ! Donc pourquoi il ne produit pas, pourquoi il aide pas les groupes ? Je pense que c’est tout simplement parce qu’il en a marre de se prendre des groupes plein la gueule. Il en a marre d’√™tre consid√©r√© comme le boss. Il a envie d’√™tre peinard.

tof 4

Et toi, est-ce que tu ne pourrais pas devenir un jour l’homme √† abattre ? Suite √† je ne sais quel engouement miracle, √† je ne sais quel magazine – T√©l√©rama ? – qui t’aurait mis en avant comme nouvelle √©g√©rie du rock litt√©raire, tout √ßa faisant boule de neige, on ne sait jamais, √ßa pourrait arriver…

Qu’ils viennent.

Comment ?

Qu’ils viennent (rires) ! Je sais me battre (rires) ! Nan, mais par exemple l√† on va faire la premi√®re partie d’un groupe qui a un lien tr√®s fort avec ses fans, Fauve

Ah oui ? C’est marrant √ßa parce que la premi√®re fois que je les ai √©cout√©s je me souviens de m’√™tre dit qu’ils me faisaient l’effet de Diabologum ou de Mendelson de la g√©n√©ration Y, tu vois ?

Oui. Et on m’a aussi parl√© d’un autre groupe qui s’appelle je sais plus comment, genre l’Usine ou l’Entreprise (peut-√™tre pense-t-il √† Blind Digital Citizen – nda) et un ami m’a dit : “H√©, il faut que tu sortes ton album parce que l√† y’a des mecs qui sont en train de marcher sur tes plate-bandes !”

Oui, ils te concurrencent sur ton cr√©neau si on peut dire que tu as un cr√©neau… !

C’est √ßa, c’est comme si j’avais une boutique (rires) ! Donc il fallait que je sorte mon produit. Mais bon, j’ai encore jamais √©cout√© un truc o√Ļ je me disais…

Que tu serais obsolète si tu sortais après.

Oui, et pourtant quand j’ai √©cout√© un titre de Fauve, honn√™tement – et √ßa met en col√®re mes fans – j’ai trouv√© √ßa 1000 fois mieux que dix milliards de trucs que j’√©coute en ce moment toute la journ√©e…

Ils disent des choses √©mouvantes et fortes, sur leur g√©n√©ration, sur l’√©poque…

Et puis le mec il pose sa voix sans affectation, c’est touchant, moi j’aime √ßa, bien s√Ľr. Et puis tout le monde dit : “C’est scandaleux que vous fassiez leur premi√®re partie !” mais s’ils √©taient pas l√†, je pense pas qu’on aurait eu ce concert. Parce qu’ils attirent plus de monde que nous.

Oui, j’avais voulu les voir sur sc√®ne d√©but janvier √† L’International, c’√©tait une de leurs premi√®res vraies dates, attendues, et y’avait tellement de monde que c’√©tait invivable, absurde, √† devenir agoraphobe. Vive le buzz !

Ouais. Mais qu’ils viennent, moi √ßa me d√©range pas. Et puis honn√™tement, je pense pas √™tre si imitable que √ßa. Et si je suis imitable c’est peut-√™tre comme Diabologum qui a √©t√© beaucoup imit√© dans ses d√©fauts mais pas dans le truc vraiment r√©volutionnaire qu’ils ont eu. Des gens ont retenu les gimmick, oui, les trucs un peu ridicule qu’ils pouvaient avoir, et √ßa, √ßa tient jamais, √ßa tient jamais. Regardes, derni√®rement un truc m’a frapp√© : je suis retomb√© sur un vieil article sur nous dans un tr√®s vieux journal qui s’appelait L’Indic. Je l’ai relu et aucun des artistes dont ils parlaient n’est encore en activit√©.

Ils n’ont pas eu un grand flair.

Oui, et ce que je veux dire c’est que ce qui est beau pour moi avec Michel (Cloup, ex membre du duo Diabologum – nda), au-del√† de notre relation d’amiti√© et de travail en commun, et c’est que voil√†, on dure. Bon gr√© mal gr√©, on sait pas pourquoi mais on est toujours l√†.

Oui, le temps fait son Ňďuvre et √† partir d’un moment, les gens qui sont encore l√†, on se rend compte qu’ils n’y sont pas pour rien. C’est les plus fort, et passionn√©s, parce qu’ils ont tenu, √©volu√©. Michel Cloup, je l’ai vu en concert il n’y a pas si longtemps…

En duo ?

Oui, avec son batteur (Patrice Cartier) au Batofar, et ce concert m’a euphoris√© parce que d√©j√†, √ßa jouait vraiment, ils construisaient le morceau √† deux sur le fil du rasoir, sous nos yeux, avec juste une guitare, une batterie et quelques p√©dales de samples. √áa disait des choses et m√™me si c’√©tait des choses noires, pas jojo, de les voir combattre, faire tenir le truc devant nous, ah ! c’√©tait jubilatoire.

Bien s√Ľr, bien s√Ľr.

Et pour moi y’a pas beaucoup de chanteurs qui, comme lui, disent des choses qui soulagent (je pense √† des morceaux comme “Le Cercle parfait”, “Cette col√®re”et “Plusieurs fois cet apr√®s-midi” sur Notre Silence, son dernier album, sorti en 2011), qui soulagent parce qu’elles vont chercher loin en nous, tu sais, comme le papillon quand on jouait √† Docteur Maboul ?

Oui (rires) !

Et √ßa, ce soulagement et ce sentiment de combat et de fraternit√© retrouv√©e est assez sp√©cifique √† cette chanson rock, on ne peut pas l’avoir si fort dans les livres parce qu’il n’y a pas cette co-pr√©sence de la voix et/ou de sc√®ne…

Oui, et y’en a peu qui font √ßa et donc moi √ßa me fait beaucoup de bien qu’il existe Michel. On a eu tous deux un peu de succ√®s avec nos derniers albums mais lui il a aussi beaucoup tourn√©, alors tu te dis : “Ah, c’est encore possible ?” m√™me si on ne tournera jamais autant que lui, parce que lui il a vraiment enchain√©, enchain√©. Il remplit les salles, les gens reviennent, et c’est bien ce qui fait, alors tu dis : “Ah merci !”

Et donc, quel comportement adopterais-tu face aux m√©dias si jamais ils en venaient √† te voir comme le nouveau big guy de la chanson fran√ßaise ? Face au vide actuel de nouvelles grandes figures dans la chanson rock √ßa peut arriver, surtout que tu as aussi un physique √† la fois sobre et marquant. Quand je t’avais vu en concert au Divan du Monde en 2008, je m’√©tais dit √ßa : “Ah ouais, Pascal Bouaziz il a une belle stature Gaullienne…”

Gaullienne ?

Ouais, grand. Et ténébreux ausssi, un peu Jim Morrison.

Ah ouais, d’accord (rires) !

C’est important !

Le jour o√Ļ Michel Drucker m’invitera (rires) !

Oui, mais je crois qu’en fait c’est fondamental, que y’a un truc inconscient qui se joue l√†, fait √©cran. Bashung, lui, avait une stature Mitterrandienne. Je crois que j’ai toujours fait l’analogie. Que je l’ai toujours vu comme √ßa. Pour incarner son √©poque, un chanteur rock doit donc aussi avoir un certain corps, un certaine gueule. C’est, in fine, ce qui le rend vraiment pr√©sidentiable. Et voil√†, toi, √† mes eux en tous cas, tu as ce c√īt√© Gaullien, et tes chansons parlent de la France moyenne, qu’en chie, c’est ton : “Je vous ai compris” !

Faudrait donc que je fasse gaffe √† pas me choper l’attentat du Petit-Clamart… Nan, mais je ne r√™ve plus √† ce genre de choses, c’est quelque chose qui m’a beaucoup aid√© √† dormir, l’imagination du succ√®s…

Mais plus maintenant ?

Oui, encore moins dans le monde dans lequel on vit. Ce serait vraiment aberrant. En m√™me temps, tout le monde a ador√© le Robot apr√®s tout de Katerine alors qu’il est tr√®s noir donc bon… Je suis pas anti succ√®s hein, si le succ√®s arrive avec beaucoup d’argent, beaucoup d’amour, je saurai prendre sur moi.

Et les remercier dans la foulée avec un album épanoui, Bisounours ?

Oh non, oh non, je commencerai juste “√† vendre mon d√©sespoir comme du savon √† barbe” comme disait L√©o Ferr√©.

Merci Pascal.

De rien, un plaisir.

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Photos par Johanne Chabal du site Brutalize Me.

5 réponses
  1. Aline Nicolas
    Aline Nicolas dit :

    J’y entends une connexion avec l’auvergnat de mon coeur. (on ne se refait pas). C’est tr√®s beau. Mais je pr√©f√®re les photos. H√©, ton fameux carnet !!

  2. Aline Nicolas
    Aline Nicolas dit :

    Il aime pas les gens mais il aime la mer, la Belgique, Springsteen. Et il aime qu’on l’aime.
    D’accord.

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