Deleo : La force Cosmic des choses

Il y a des gens pour qui les planètes s’alignent soudainement et voyant cette magie arriver jusqu’à nous, on les appelle des stars. On a l’impression que c’est soudain, mais que sait-on du chemin qu’il leur a fallu pour en arriver là ? Si ça se trouve, ils ont connu plusieurs morts avant de nous parvenir sous cette forme.

Et nul doute que des aléas de ce genre il y en a eu pour Deleo et leur mastermind songwriter Denis Navarro. Car si la chanteuse est jeune, la musique superbe et le produit léché comme tombé du ciel, derrière c’est Denis qui orchestre et le montpelliérain n’est pas né de la dernière pluie. Il a grandi avec Depeche Mode, Cure, Joy Division ou Bowie. ADN indie.

Mais comment expliquer le prestige de ce qui naît avec eux ? Que ce quintet n’ait rien sorti et aboutisse déjà à cette merveille d’album qu’est Cosmic ?

En l’écoutant on est transporté par l’intelligence de jeu et la luxuriance du son. Il agit comme un filtre qu’on n’a jamais entendu et pourtant… Servie par d’imparables mélodies et ce petit je-ne-sais-quoi de tristesse éthérée, cette symbiose de folk, rock et d’électro convie l’auditeur au cœur d’un tourbillon qui fait les grandes chansons : ce n’est pas qu’on les découvre, on les reconnaît. C’était en nous. Irrésolu.

Pleine du charisme des voix chères qui s’étaient tues, relevant par là comme d’anciens défis à la peau dure, Emy Eris, n’a plus qu’à nous cueillir de son chant idoine, familièrement sans pareil lui aussi, tantôt velours tantôt punchy.

Que dire ? Une fée s’est clairement penchée sur le berceau de Deleo. Cela devait se faire, atterrir. Et la vie est faite d’accélération, parfois les choses vont vite. Cherchant quelqu’un pour leur bio, Denis est tombé sur moi. Délais shorts, dispos minces. « Voyons, si je vibre ». Et j’ai senti monter le feeling.

J’écoute un morceau, « Unfair ». Wow, on est dans un truc large, émotionnel. Amplification du feeling. Texto. Lapsus de clavier. « Bonheur Denis » au lieu de « Bonjour… ». Confiance, laissons. Appel. « A mon avis il ne faut pas insister sur le côté rock ou électro, indie ou non, mais dire que vous évoluez dans une sphère qui embrasse les genres à la London Grammar, The xx ou Florence and the Machines. »

Banco. Envoi du 12 titres. Une écoute. Délirante. Idyllique. 23h. Presque minuit. Se retenir. Envie de l’appeler. Pendant. Après. De lui dire. « Mais Denis, c’est dément ! »

Le lendemain, heartbreak au tel. Tant de choses se sont bousculées en moi en une seule écoute de Cosmic, des choses qui m’ont fait reprendre ce délicieux dialogue pop que je n’avais plus… Je lui en tais la plupart.

« Mec, quelle palette, il y a là toute ma discothèque… ». D’Audioslave à Taylor Swift. Parce qu’il y a même cette dimension soft club qui permet de s’étourdir en douce – midnight midinette – sous des dancefloors lactés. « … Je vois d’ici la tienne ! »

Je lui parle de Texas, de Archive. Il enchaîne Radiohead, Garbage et Cranberries. Je lui dit que leur son est fou, que ça pourrait être too much mais « tout est fluide et vous savez créer de la respiration, faire varier les ambiances ». « On a de la chance, on bosse avec le producteur des premiers albums de Keane, Dido, Annie Lennox ». C’est même comme ça que Deleo est né, lorsqu’il s’est associé à James Sanger (l’homme aux 67 millions d’albums vendus dans le monde en tant qu’artiste, producteur, arrangeur, ingé-son). C’est ensuite qu’il a rencontré Emy, Nicolas Gaeremynck (guitare), Romain Viguier (clavier, basse), Robin Olivier (batterie) et qu’ils ont alors mélangé leurs pinceaux, donnant vie à cet édifice, fusée.

Sans qu’on se le sache, la bio s’écrit à mesure qu’on discute. Il faudrait presque la taire, mais il faut que vous sachiez. On tient là une entité, que le monde va nous envier. Pardon : chérir. D’ailleurs je lui dis : « Le seul bémol qui me vient c’est : que faire après un premier album aussi fort ? » Ils en dévoileront 4 morceaux via un EP prévu pour mai 2020. Ce sera Unfair. L’album, lui, Cosmic, sortira en novembre.

Il y a des gens pour qui les planètes s’alignent soudainement. Voyant tout à coup cette magie arriver jusqu’à nous on les appelle – au bout de l’histoire – des stars. Ce qu’ils sont vraiment. Brillant. Mais n’est-ce pas notre destin à tous si on accepte l’invitation qui nous est faite ?

Site officiel de Deleo

Soundcloud du groupe

Clip de leur single “Unfair”

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