JEAN-LOUIS AUBERT : LES PARAGES DU VIDE (2)

 1. Aubert isolement

7 mai 2014. 13h50. Paris 6e. Bistrot des Amis. ¬ę¬†On va peut-√™tre rentrer avant que ton truc prenne l’eau ?¬†¬Ľ Une demie heure qu’on parle avec Jean-Louis en terrasse, de Aubert chante Houellebecq – Les parages du vide, son dernier album sorti ce 14 avril, que j’aime beaucoup. Une demie heure qu’on parle d’Houellebecq, de m√©dias, de chansons, de po√®mes, de Philippe Garrel, de Philippe ManŇďuvre, de T√©l√©phone et de philosophie parce qu’initialement je suis l√† pour Philosophie Magazine. Une demie heure et voil√†, c’est pas fini¬†! mais il s’est mis √† flotter alors on file √† l’int√©rieur, lui, moi et mon ¬ę¬†truc¬†¬Ľ¬†: le petit Zoom H1 par le biais duquel je l’enregistre.

Aubert quoi¬†! Le mec de T√©l√©phone (1976 ‚Äď 1986), un des premiers vrais groupes de rock fran√ßais √† succ√®s et √† s’exporter. Cinq albums studios, 14 tubes, 470 concerts, des ouvertures pour T√©l√©vision, Iggy Pop, les Stones, et plus de 6 millions d’albums vendus, ¬ę¬†compilations¬†¬Ľ comprises j’imagine. Et pas moins de 10 ont paru depuis le dernier album du groupe. Aubert, le mec d’¬ę¬†Hygiaphone¬†¬Ľ, ¬ę¬†M√©tro (c’est trop)¬†¬Ľ, ¬ę¬†Flipper¬†¬Ľ, ¬ę¬†Crache ton venin¬†¬Ľ, ¬ę¬†Fait divers¬†¬Ľ, ¬ę¬†La Bombe humaine¬†¬Ľ, ¬ę¬†Au cŇďur de la nuit ¬Ľ, ¬ę Argent trop cher ¬Ľ, ¬ę Fleur de ma ville ¬Ľ, ¬ę¬†√áa c’est vraiment toi ¬Ľ, ¬ę¬†Cendrillon¬†¬Ľ, ¬ę New-York avec toi¬†¬Ľ, ¬ę Un autre monde¬†¬Ľ et de ¬ę¬†Le jour s’est lev√©¬†¬Ľ.

Aubert, le type de la radio, que j’ai √©cout√© ado. Je n’ai jamais volontairement √©cout√© T√©l√©phone mais je me rappelle que vers 16-17 ans, aux soir√©es dansantes du village vacances o√Ļ je passais mes √©t√©s on dansait comme des d√©rat√©s sur √ßa, ¬ę¬†Hygiaphone¬†¬Ľ, ¬ę¬†√áa (c’est vraiment toi) ¬Ľ, ¬ę¬†New York avec toi¬†¬Ľ, comme on dansait sur les Rita, ¬ę¬†Marcia ba√Įla¬†¬Ľ, ¬ę¬†C’est comme √ßa¬†¬Ľ, ¬ę¬†Les Histoires d’A.¬†¬Ľ, comme on dansait sur Louise Attaque, REM ou Nirvana. C’√©tait la nouba. Mais je n’ai jamais eu aucun album de T√©l√©phone et d’Aubert. Tout √ßa √©manait de quelques Greatest Hits, comme le ¬ę¬†Bohemian Rhapsody¬†¬Ľ de Queen (les fameux I et II). Souvenirs d√©form√©s. Best ofis√©s.

Aujourd’hui, √† tout r√©√©couter en faisant fi de toute mythologie, je m’aper√ßois que la discographie de T√©l√©phone n’est pas si super que l’id√©e que je m’en faisais. Il n’y a pas plus de trois tubes par disque et le reste est dispensable. Alors que certains albums ¬ę¬†solo¬†¬Ľ d’Aubert tiennent sacr√©ment la route. Pl√Ętre et Ciment (87) et Bleu Blanc Vert (89) c’est encore un peu faible malgr√© quelques p√©pites. ¬ę¬†Juste une illusion¬†¬Ľ, ¬ę¬†Les plages¬†¬Ľ et ¬ę¬†Quand Paris s’√©teint¬†¬Ľ pour l’un. ¬ę Voil√†, c’est fini ¬Ľ et ¬ę¬†Univers ¬Ľ pour l’autre. Accuse-t-il sa trentaine¬†? Le fait de ne plus avoir Richard, Louis et Corine¬†? On sent que les ann√©es 80 sont dures pour l’Enfant du rock. Mais pas les 90’s.

Ponctu√© par les tubes ¬ę¬†Entends-moi¬†¬Ľ, ¬ę¬†Toi que l’on n’homme pas¬†¬Ľ, ¬ę¬†Temps √† nouveau ‚Äď √† l’eau¬†¬Ľ et ¬ę¬†Moments¬†¬Ľ, H (93) est presque top de A √† Z et avec Stockholm (97) √ßa y est, on fr√īle le ¬ę¬†grand Ňďuvre¬†¬Ľ. C’est plus sombre, tortueux, √©pais. Il y a d√©j√† l√† certains mariages orientaux rock trip hop pro-toolis√©s que Bashung proposera avec Fantaisie militaire, et m√™me certains textes jeu de mots qu’il aurait pu faire sien. Apr√®s Aubert donnera l’impression de d√©rouler avec Comme un accord, Id√©al standard et Roc √©clair, sommet de rengaines ent√™tantes. Trois autres disques bien b√Ętis, solides, o√Ļ isoler les tubes radiophoniques serait stupide. ¬ę¬†Comme un mur dans un pr√©¬†¬Ľ.

Du coup c’est bizarre et cool d’avoir ce type devant moi. Aubert, passivement, il fait tellement partie de ma vie, de mon d√©cor, qu’une nuit j’ai r√™v√© qu’on discutait et qu’on fumait un joint ensemble. L√†, on √©tait en train de parler de ce point de bascule souvent galvaud√© o√Ļ l’intime confine √† l’universel, et je parle de galvaudage car je trouve toujours assez gonfl√© que l’homme puisse se pr√©valoir d’une quelconque universalit√©. Y’aurait pas un probl√®me d’√©chelle¬†? L’homme c’est l’homme et l’univers c’est l’univers. Ne m√©langeons pas l’infini et les caniches. On est lanc√©, dans le ¬ę¬†truc¬†¬Ľ. Il a d√©j√† fum√© quatre clopes. Et si on se rentrait pour attaquer le vif du sujet¬†? Oui, inside Jean-Louis.

¬ę¬†Lou Reed me disait toujours¬†: T√©l√©phone¬†? That’s hippy stuff ! ¬Ľ

 

2. Aubert profil campagne (c) Barbara d'Alessandri

Jean-Louis, parlons plus pr√©cis√©ment de philosophie. Tu disais que les √™tres passionn√©s, qu’ils soient √©crivain, peintre, chanteur,¬†menuisier¬†ou je ne¬†sais quoi d’autre, sont souvent dans des ¬ę¬†strat√©gies enfantines¬†¬Ľ ou ¬ę¬†r√©gressives¬†¬Ľ. Penses-tu que √ßa s’applique aussi aux philosophes¬†?
Oui, parce que quand tu regardes Nietzsche, qui est le philosophe que je connais le plus, tu vois que tout ce qu’il a fait ressemble aussi √† un ph√©nom√®ne r√©gressif, assez personnel, c’est l’envie de refaire le monde depuis sa chambre d’√©tudiant quoi. On a aussi dit √ßa de Che Guevara aussi, qui a √©t√© √©lev√© en universit√© avant de voyager et d’arriver dans un pays o√Ļ il a pu appliquer ses r√™ves d’utopies. Il a pu le faire en vrai parce que le pays √©tait sens dessus dessous. Et il l’a fait avec des r√™ves qu’il avait forg√© dans sa piaule d’√©tudiant, voil√†. On peut donc voir ces deux-l√† comme de grands tyrans hein, parce que Hitler a aussi eu une p√©riode Beaux-Arts, o√Ļ il √©tait rejet√©, solitaire, pas tr√®s tourn√© vers les autres. Tout √ßa c’est beaucoup le fruit d’une construction personnelle.

Du coup √ßa peut √™tre violent quand les r√™ves de chambres d’ado d√©barquent dans la r√©alit√©…
Ah oui, oui, oui. Et pour moi quelque fois ces gens c’est juste des catalyseurs en fait. Parce que pour devenir ce qu’ils sont il faut encore qu’ils soient re√ßu par les autres. Des Hitler y’en a r√©guli√®rement qui montent sur les tables des caf√©s mais ils ont moins de succ√®s que celui-l√† √† cette p√©riode-l√†.

Oui, c’est √ßa¬†: qu’est-ce qui fait qu’√† un moment donn√© un type donn√© trouve un tel √©cho…
C’est l’adh√©sion des autres. En fait, des Hitler y’en a tout le temps. Bah c’est comme une maladie (petits rires) qui est toujours l√†, tout le temps, et puis quelque fois elle se d√©veloppe parce que psychologiquement…

Y’a un terrain propice…
Oui, voil√†, t’es dans une impasse et finalement t’es un peu pr√™t √† accueillir le truc. Parce que regarde, les m√®res qui ont 8-10 enfants, elles ont pas souvent la grippe, curieusement (rires)¬†! Leur terrain est pas propice (le serveur arrive, on passe commande, ¬ę¬†petit cheeseburger √† point avec frites salade¬†¬Ľ pour lui, confit de canard pour moi, et eau du robinet pour tous ‚Äď nda).

Tu parlais de Nietzsche. Quels sont les penseurs qui t’accompagnent ?
Y’en a quelques-uns. Mais le probl√®me, comme je le dis dans mon √©change de mails avec Michel, c’est que ma culture est pas tr√®s profonde quoi. Elle reste au stade de curiosit√©…

Tu picores quoi.
Beaucoup.

Quels penseurs as-tu donc picoré le plus ?
(Rires.) Eh bien c’est s√Ľrement Nietzsche que je connais le mieux.

Il est assez populaire chez les musiciens ¬ę¬†rock¬†¬Ľ¬†!
Oui, parce que c’est assez po√©tique et que c’est souvent une construction assez br√®ve, par fragments, curieuse. On a du mal √† penser que c’est un philosophe et pas un chanteur curieusement.

Nietzsche est presque autant un po√®te qu’un philosophe en fait.
Oui. Alors apr√®s certains tirent une vraie construction √† partir de ses √©crits et effectivement on peut le faire mais moi √ßa me para√ģt plut√īt √™tre de l’ordre du Mikado ce qu’il faisait, un Mikado avec des choses tr√®s tr√®s antagonistes. D’ailleurs une de mes phrases pr√©f√©r√©es de lui c’est sur la maturit√© ou de l’immaturit√© de l’homme, c’est : ¬ę¬†Faire les choses avec le s√©rieux d’un enfant qui joue¬†¬Ľ,¬†ce qui rejoint un peu (sourire) ce que je disais tout √† l’heure sur les strat√©gies enfantines. Tellement qu’on dirait pas une phrase de Nietzsche¬†! J’aime aussi : ¬ę¬†Sans musique la vie serait une erreur¬†¬Ľ, c’est une phrase tr√®s r√™veuse, je trouve. Enfin pas tellement √©tay√©e (rires)¬†!

Oui, c’est comme un aphorisme po√©tique, ouvert √† l’interpr√©tation.
Et je suis aussi un grand fan de quelqu’un qui se r√©p√®te beaucoup et qui doit pas √™tre extr√™mement bien vu, c’est Krishnamurti (pr√©nomm√© Jiddu, ce philosophe d’origine indienne est n√© en 1895 et mort en 1986 en Californie et il promu une √©ducation alternative visant √† transformer ce qu’il appelait le ¬ę¬†vieux cerveau conditionn√© de l’homme¬†¬Ľ afin d’acc√©der √† la libert√© ‚Äď nda)

Qui est-ce ?
C’est un philosophe mystique qui a une dr√īle d’histoire. Il faut bien le conna√ģtre pour savoir √ßa parce qu’il n’est pas connu pour √ßa. Au d√©but du XXe si√®cle, √©poque assez spiritualiste, y’a eu une esp√®ce de congr√©gation qui s’appelait l’√©glise th√©osophique, qui regroupait un peu toutes les religions qui venaient de Russie, des courants de pens√©e sans doute influenc√©s de Gurdjieff (penseur d’origine arm√©nienne n√© en 1877 et mort en 1949 qui fut en effet, dixit Wikipedia, une ¬ę¬†c√©l√®bre figure de l’√©sot√©risme de la premi√®re moiti√© du 20e si√®cle¬†¬Ľ ‚Äď nda), des mecs comme √ßa. On est donc un peu dans l’√©sot√©risme. Et cette congr√©gation attendait un messie et ils ont √©lev√© un enfant, qui √©tait Krishnamurti, dans la connaissance et tout. Et il devait faire sa d√©claration de messie vers 18 ans ou 21 ans (sourire).

Allez, paie ta déclaration de messie !
H√©h√©, c’√©tait des gens assez renseign√©s mais un petit peu vers√©s dans la magie aussi. Oui, Gurdjieff doit aussi √™tre issu de ce mouvement un peu curieux qui est √©voqu√© dans Le Matin des Magiciens (livre de Louis Pauwels et Jacques Bergier publi√© en 1960 qui est une ¬ę¬†introduction au r√©alisme fantastique¬†¬Ľ, et √©galement titre d’une chanson d’Aubert qui figure sur l’album Roc √©clair ‚Äď nda), tout √ßa. Et quand Krishnamurti a fait sa d√©claration, je crois que c’√©tait en Hollande, il a dit que y’avait pas de religions et pas de messie en fait, donc √ßa a sem√© la consternation chez les siens (rires)¬†!

C’√©tait une anti-d√©claration de messie.
Mais il avait quand m√™me un aspect multi-religieux, une spiritualit√© tr√®s forte bas√©e sur l’attention plut√īt que sur la concentration, quelque chose de tr√®s ouvert avec un vrai travail sur soi-m√™me et un refus de tous les ma√ģtres. Donc on a beaucoup retranscrit ses discours dans des livres et c’est quelque chose qui tient bien debout quand t’es un petit peu anar et qu’en m√™me temps t’as un peu besoin d’un compagnon. Je pense qu’il doit y avoir des failles, c’est pas comme un syst√®me math√©matique de pens√©e, mais je l’aime beaucoup. En plus il y met pas mal de bouddhisme et j’aime beaucoup le bouddhisme √©videmment…

Pourquoi ¬ę¬†√©videmment¬†¬Ľ¬†?
Bah parce que y’a rien de mieux (rires)¬†! A mon avis. Comme Krishnamurti j’aime pas les religions, cet aspect gr√©gaire qui d√©forme la parole. Quand je vois comment mes interviews sont d√©form√©es, j’imagine ce que √ßa doit √™tre pour la retranscription de la parole des proph√®tes. C’est compliqu√© parce que quand t’exprimes quelque chose d’assez compliqu√© 1) d√©j√† tu l’exprimes peut-√™tre mal et 2) ton interlocuteur est peut-√™tre pas dans le truc donc voil√†…¬†!

Il y a un problème de scribe, de média !
Oui, surtout pour le bouddhisme parce qu’en g√©n√©ral le bouddhisme c’est pas une question de savoir, c’est quelque chose qui se vit. Donc si le gars te dit¬†: ¬ę¬†J’ai vu Dieu¬†¬Ľ et que tu ne l’as pas vu, √ßa rend la description compliqu√©e. Tu vas peut-√™tre imaginer un mec barbu parce que toi t’as besoin d’un p√®re mais c’est peut-√™tre pas du tout ce que le gars a voulu dire (rires)¬†! Et quand tu vois que certaines paroles ont √©t√© retranscrites plus de 300 ans apr√®s leur prononciation et que t’imagines un peu le nombre d’interm√©diaires qu’il y a eu… C’√©tait sans doute des interm√©diaires qui n’avaient pas bien compris le message, ou qui n’avait pas voulu le retranscrire correctement. Parce que souvent ces grands proph√®tes √©taient des r√©volutionnaires, ils ont tous un peu agit√© leurs pays. Ils √©taient aussi des philosophes, leur message avait quelque chose de politique donc… voil√†.

3. j-krishnamurti-a-ojai-california-1962-f-guzman

Toi, tu dirais donc que tu n’as ni Dieu ni ma√ģtre ?
Bah comme Dieu n’est justement pas personnifi√© et que l√† je suis √† peu pr√®s certain de mon propos, que je sais qu’il y a pas un mec qui a cr√©√© quelque chose (rires) ! Donc non, pas de ma√ģtre.

Musicalement, est-ce pareil pour toi qui a v√©cu un certain ¬ę¬†√Ęge d’or¬†¬Ľ de la musique rock ?
Apr√®s des anges qui jouent de la musique et qui se sont incarn√©s, qui ont √©t√© vivants, oui, oui, bien s√Ľr. Il y a eu des fulgurances comme Jimi Hendrix. Mais il faut pas forc√©ment mourir jeune parce qu’il y a aussi eu des gens comme Jimmy Page, des groupes comme Les Beatles…

Tu les vois plus comme des anges que comme des dieux ?
Bah oui, parce qu’ils sont habit√©s par la gr√Ęce √† un moment donn√©. Et apr√®s y’a une construction, y’a une esp√®ce de roue qui se met √† tourner. Quand je regarde la fa√ßon de travailler des Beatles, j’y vois encore une strat√©gie enfantine¬†: les gars se retrouvent dans un pavillon de banlieue et en chemin si l’un des gars a pris le taxi et qu’il a discut√© avec lui il va dire : ¬ę¬†Tiens, essayons de partir de cette phrase…¬†¬Ľ, ce que font tous les groupes. Et c’est √ßa qui est assez curieux, c’est que c’est toujours quatre mecs qui sont √† l’√©cole, quatre mecs qui sont a priori pas plus intelligents que les autres mais qui vont le devenir et devenir de grands influenceurs √† force de jouer ensemble. Leur esprit s’ouvre parce qu’ils ont acc√®s √† des rencontres, des choses comme √ßa, et tu finis par avoir Lennon qui dit quand m√™me des choses tr√®s int√©ressantes alors que c’est juste un fils de prolo. Donc voil√†, on est toujours dans l’id√©e de r√©cipient, et √ßa c’est d√©j√† un peu parler de Dieu. Disons que c’est pas les gens qui se font eux-m√™mes, c’est aussi l’environnement, le regard des autres… Quelqu’un qui √©tait laid peut par exemple devenir beau gr√Ęce au regard des autres…

Les choses se transforment.
Oui, les choses se transforment. Parce que sinon √† la base y’a aucune raison que des petits gars de Liverpool soient plus dou√©s que d’autres. Mais voil√†, y’a eu la rencontre avec Brian Epstein (leur manager de 1961 √† son d√©c√®s en 1967 ‚Äď nda), George Martin (leur producteur de 1962 √† 1969 ‚Äď nda), l’√©poque et tout d’un coup la drogue donc ils ont eu un outil extraordinaire, ils ont eu les moyens, en commen√ßant comme un boys band, d’arriver √† quelque chose d’√©norme (rires)¬†!

Tr√®s vite d’ailleurs.
Oui, c’est 7 ans la carri√®re des Beatles. Et Jimi Hendrix 3 ans.

On a tendance √† l’oublier cette bri√®vet√©. Avec les ann√©es 80 on a √©t√© habitu√© √† ce qu’un groupe puissent durer 20 ou 30 ans, je pense √† U2, REM, Depeche Mode, The Cure, par exemple, et maintenant un groupe sort un album tous les 2-3 ans mais avant c’√©tait plut√īt tous les ans voire tous les six mois…
Mais √ßa arrive souvent que les gens s’essoufflent, √† moins de grands changements dans leur vie. Regarde, m√™me Led Zeppelin…

Un groupe c’est une alchimie particuli√®re entre plusieurs musiciens, √ßa ne dure qu’un temps…
Oui. J’imagine que c’est pareil avec les femmes. Il faut toujours un peu se remettre en danger, c’est peut-√™tre aussi un peu le sens de cet album…

T’avais besoin de te remettre en danger¬†? Tu sentais que c’√©tait le moment¬†?
J’ai pas trop r√©fl√©chi √† √ßa mais peut-√™tre que les choses qui viennent √† moi parlent pour moi. En plus y’a vraiment eu des √©v√©nements dans ma vie qui montrent √ßa. Je veux dire, c’est bizarre, parfois tout d’un coup tu prends une d√©cision, tu te dis : ¬ę¬†Nan, je vais pas rester l√†, je vais changer de vie¬†¬Ľ et cette d√©cision on dirait que tout le monde la lit sur ton front quand tu sors dans la rue. C’est pareil quand tu te dis¬†: ¬ę¬†Je vais me chercher une femme¬†¬Ľ, on dirait qu’elles le voient (rires), que c’est √©crit. Et quand c’est pas √©crit, elles sentent que c’est pas pareil.

Ouais, on d√©gage ce qu’on pense.
Alors est-ce les ph√©romones¬†? √áa peut √™tre beaucoup de choses…

On ne communique pas que par la parole, heureusement.
Un esp√®ce de regard, une mani√®re insistante d’√™tre…

Une √©nergie, oui. Tout √† l’heure tu disais que Houellebecq √©tait la plus grande rencontre que tu avais faite ces dix derni√®res ann√©es. Tu en as fait d’autres des grandes rencontres, tu as rencontr√© des √©crivains, des musiciens, des chanteurs, des po√®tes… Quelles sont, avant Houellebecq, tes autres grandes rencontres comme √ßa¬†?
Bah pour moi une autre grande personne c’√©tait Barbara (ils se sont rencontr√©s en 96 √† l’occasion de Barbara, son dernier album r√©alis√© apr√®s 16 ans de silence discographique o√Ļ il lui a √©crit un texte, ¬ę¬†Vivant Po√®me¬†¬Ľ, qu’il chante aussi sur son album Stockholm o√Ļ elle lui a √©crit un texte, ¬ę¬†Le jour se l√®ve encore¬†¬Ľ ‚Äď nda). Parce que de la m√™me mani√®re on est devenu assez joueurs tous les deux, comme des enfants, et puis on √©tait un peu dans la s√©duction, quelque chose de tr√®s rigolo…

Oui, dans ce genre d’amiti√© il y a de la s√©duction. Il faut de la s√©duction.
Oui, oui, et elle peut √™tre intellectuelle ou m√™me se traduire par un rapprochement physique, m√™me entre hommes hein. Quand par exemple on aime bien se toucher l’√©paule. Alors avec Houellebecq c’√©tait un peu¬†: ¬ę¬†Putain, il est bizarre ce mec, il a une dr√īle de gueule¬†!¬†¬Ľ Puis :¬†¬ę¬†Ah bah non en fait, j’aime bien¬†¬Ľ. Autour de moi la gente f√©minine le craignait aussi √©norm√©ment et puis petit √† petit y’a un charme qui op√®re. Il est agr√©able aussi, il est un peu effrayant mais comme dans les contes de f√©e si tu t’approches mieux du monstre tu d√©couvres un pouvoir magique (rires)¬†!

Je vois. Mais c’est vrai que physiquement il d√©range. Sans l’avoir rencontr√© on peut juger cela en regardant les photos dans la presse, on a l’impression qu’il n’a jamais la m√™me t√™te quoi.
Oui, oui. Et on sait pas s’il est costaud ou freluquet.

A propos de photo, il y en a une assez particuli√®re dans le livre qui accompagne votre album¬†: on vous voit tous les deux assis sur une chaise avec un champ tr√®s automnal derri√®re vous et vous √™tes tellement diff√©rents physiquement qu’on a du mal √† croire que vous avez le m√™me √Ęge (58 ans). Toi tu d√©gages encore tenue et vigueur, une belle corpulence, alors que lui d√©gages quelque chose de tr√®s hivernal, dur, vieux…

Mais j’adore, parce qu’on dirait qu’on fait tous les deux une croisi√®re dans le rien¬†! Et on a l’air ravi. On est ravi d’√™tre dans le rien et de se rencontrer.

Oui, Les Parages du vide
(Silence.)

4. Aubert et Houellebecq croisière dans le rien

En lisant votre correspondance par mails dans le livre de ce disque on apprend que vous avez pas mal parl√© de chanson ensemble. Lire √ßa m’a fait repenser √† ce qu’a dit Miossec lors de la promo de son nouvel album, Ici bas, Ici m√™me. Il avan√ßait que¬†: ¬ę¬†Les bonnes chansons sont de tr√®s mauvaises po√©sies¬†¬Ľ.
Oui…

Cette phrase m’est revenue en t√™te quand j’ai d√©couvert ton nouvel album, parce qu’√† l’aune de son jugement je me disais¬†: ¬ę¬†Ok, du coup soit Houellebecq est un tr√®s mauvais po√®te soit c’est un tr√®s bon chansonnier soit la vraie po√©sie a bascul√© du c√īt√© de la chanson…¬†¬Ľ
C’est-√†-dire qu’en chanson on laisse passer des choses qu’on laisserait s√Ľrement pas passer en po√©sie. Mais, gr√Ęce √† Dieu, Houellebecq √©crit souvent en alexandrins avec des rimes riches donc si les mots sont d’aujourd’hui ou si leurs tonalit√©s est d’aujourd’hui, la facture, elle, elle est un peu 19e si√®cle, et le 19e si√®cle c’est l’√©poque o√Ļ les po√®mes √©taient faits pour √™tre dits donc, du fait qu’ils √©taient faits pour √™tre dits, ils √©taient d√©j√† musicaux en soi. C’√©tait des po√®mes qu’on lisait √† voix haute, alors qu’√† partir du surr√©alisme on a commenc√© √† √©crire en prose, √† lib√©rer l’inconscient, et l√† on a commenc√© √† avoir des po√®mes compliqu√©s √† chanter, des po√®mes sans aucune structure…

On a eu des po√®mes qui sculptait le blanc de la page, comme Les Calligrammes d’Apollinaire…
Ou le cadavre exquis. Bowie en a fait beaucoup. Mais il les a faits pour la musique…

Oui.¬†Tiens, pour revenir aux grandes rencontres artistiques de ta vie, Bowie c’est quelqu’un que tu as pu rencontrer¬†?
Moi je dirai que je l’ai rencontr√© mais je pense pas que lui dirait √ßa (rires)¬†! Non, je l’ai juste crois√©.

Par contre si j’en crois mes sources tu as vraiment rencontr√© Lou Reed. A un moment vous avez travaill√© ensemble sur une version export d’un disque de T√©l√©phone…
Oui, c’est vieux, c’√©tait √† l’√©poque de Dure Limite (sorti en 1982 et sign√© chez Virgin, le label de Richard Bronson, parce qu’apr√®s trois albums chez Emi le groupe souhaitait tenter de percer aux Etats-Unis, ce quatri√®me et avant dernier album de T√©l√©phone a b√©n√©fici√© de la production du r√©alisateur de The Wall, Bob Ezrin, et Lou Reed a bel et bien tent√© d’adapter six morceaux de l’album en anglais pour sa version internationale, mais le r√©sultat n’a pas convaincu ‚Äď nda)

Et ce disque n’est pas sorti parce que tu n’avais pas aim√© ses adaptations…
Oui, on n’y arrivait pas trop. Il me disait toujours¬†: ¬ę¬†That’s hippie stuff¬†¬Ľ¬†(rires) ! Mais il me disait toujours¬†: ¬ę¬†C’est bien en fran√ßais, c’est mieux en fran√ßais¬†¬Ľ. C’est un fou de langue fran√ßaise donc ces adaptations √ßa l’√©nervait (mais √† l’√©poque il avait s√Ľrement besoin d’argent parce qu’il venait de sortir Rock and Roll Heart, Street Hassle et The Blue Mask, trois disques qui, sans √™tre le suicide commercial de Metal Machine Music, se r√©v√©l√®rent assez d√©routants, comme en qu√™te de rep√®res ‚Äď nda). Mais nous on esp√©rait faire un peu notre trou aux Etats-Unis…

√áa t’a frustr√© de pas le faire¬†?
Non, pas du tout. En plus quand je chantais en anglais, surtout des adaptations comme √ßa, on aurait dit de l’allemand.

Ah ouais ?
Ouais, une histoire d’accent tonique. Alors que quand je reprends des chansons des Stones, je vois √† peu pr√®s comment √ßa doit √™tre chant√©. Quand je vivais aux Etats-Unis au moment de faire ce disque, des id√©es commen√ßaient √† me venir en anglais, des chansons commen√ßaient √† s’√©crire en anglais… J’ai une th√©orie l√†-dessus. Je suis pas du tout un d√©fenseur de la langue fran√ßaise mais je crois qu’il vaut mieux √©crire ce genre de choses dans la langue dans laquelle on r√™ve parce que dans les mots et dans leur son ou dans l’endroit o√Ļ tu les as entendus y’a des tenants et des aboutissants qui indiquent une musique et qui indiquent des choses qui vont √™tre tr√®s personnelles, et qui t’√©chappent aussi¬†! Par exemple, “Crache ton venin¬†¬Ľ ‚Äď c’est une anecdote, j’en ai des centaines comme √ßa ‚Äď est venu d’un truc comme √ßa. En fait ma petite sŇďur avait un poisson rouge et un chat et le chat avait bouff√© le poisson rouge donc y’avait la queue qui d√©passait de la bouche et ma petite sŇďur lui courait apr√®s en disant¬†: ¬ę¬†Crache, crache¬†!¬†¬Ľ Et en fait la chanson et la musique sont calqu√©es sur ce cri d’amour pour deux √™tres autant aim√©s l’un que l’autre o√Ļ fallait que l’un crache l’autre (rires)¬†! Et l√†-dedans, dans cette mani√®re de le dire, y’avait quelque chose qui venait du ventre, quelque chose qui √©tait plein de d√©sespoir et plein de volont√©, que je trouvais magnifique. Enfin √ßa c’est une analyse un peu a posteriori mais j’avais trouv√© √©vident que ce mot ¬ę¬†crache¬†¬Ľ contenait l’acte en lui-m√™me puisque si tu dis tr√®s fort ¬ę¬†crache¬†¬Ľ bah tu vas cracher quelque chose. Ce qui est g√©nial dans les mots c’est √ßa, c’est que leur musique √©voque leur sens. Ou pas. Quelque fois c’est l’inverse. Tu vas avoir un mot √† la sonorit√© tr√®s douce qui va √©voquer quelque chose de tr√®s dur.

Oui. Justement, quel est ton mot préféré ?
(Silence.) J’aime bien ¬ę¬†m√©sange¬†¬Ľ. Ouais. C’est un mot qui pr√™te pas vraiment √† cons√©quence, qui veut vouloir dire ¬ę¬†moiti√© ange¬†¬Ľ et qui d√©signe des petits animaux qui passent l’hiver tout nu √† c√īt√© de nous, donc tu leur donnes des petites boules de graisse si t’as le temps. C’est assez courageux. Eux, ils migrent pas. Il reste en France, Monsieur (rires)¬†! Et quand ils ont le ventre bleu et une petite cr√™te sur la t√™te, avec le nom, c’est tr√®s tr√®s joli. Ils vont se planquer dans un trou dans le mur, c’est tr√®s joli. Il me semble que j’avais un autre mot r√©cemment. Mais je m’en souviens plus. (Silence.) Les mots √ßa r√©sonne vachement, et souvent c’est gr√Ęce √† leurs m√©lodies qu’on a r√©ussit un peu √† faire du rock en fran√ßais. C’est un peu comme le rap, c’est en pompant les m√©lodies de la vie quoi, la m√©lodie col√©rique, la m√©lodie pr√©cipit√©e de l’ado qui d√©blat√®re plein de mots parce qu’il en a ras-le-cul. D’un coup y’a des rythmes, des intonations… Par exemple¬†:¬†¬ę¬†Voil√†√†√†, c’est fini¬†¬Ľ (il le dit en prenant la m√™me voix chagrin qui a fait le succ√®s du fameux refrain de ¬ę¬†Voil√†, c’est fini¬†¬Ľ ‚Äď nda). Si on l’avait chant√© comme un prof de chant aurait dit de le chanter, on aurait fait un ¬ę¬†a¬†¬Ľ ouvert mais cette phrase exprime une petite d√©ception donc tu peux pas chanter : ¬ę¬†Voil√†√†√†¬†!¬†¬Ľ (il fait un ¬ę¬†a¬†¬Ľ ouvert, presque triomphal ‚Äď nda), t’es oblig√© de fermer le ¬ę¬†a¬†¬Ľ (il reprend la voix chagrin, qui courbe l’√©chine), de dire¬†: ¬ę¬†Voil√†√†√†…¬†¬Ľ. C’est (timbre apitoy√© ‚Äď nda) : ¬ę¬†Ohhh… ohhh…¬†¬Ľ. Y’a du¬†¬ę¬†o¬†¬Ľ dans dans ce ¬ę¬†a¬†¬Ľ. Donc voil√† c’est en se calant sur la vraie vie qui fait que la m√©lodie peut tenir la route.

Oui, parce que du coup y’a un effet de r√©el, c’est humain, incarn√©. Pour en revenir √† l’√©criture de Houellebecq, beaucoup de gens ‚Äď j’en ai rencontr√© ‚Äď trouvent qu’il √©crit mal, qu’il n’a pas de style… Et c’est marrant d’ailleurs parce que lorsqu’il a sorti son recueil Configuration du dernier rivage, je me rappelle que Le Petit Journal de Canal+ avait r√©alis√© un¬†micro-trottoir¬†pour en soumettre des extraits √† des jeunes beaucoup avaient cru¬†que c’√©tait du Booba…
C’est vrai…

Parce qu’il a un art de la punchline aussi, un c√īt√© provoc qui caricature son √©poque…
Oui, mais je trouve pas que √ßa soit mal √©crit… En fait je le vois comme un chansonnier au sens o√Ļ il se laisse transpercer par des envies de dire, par l’harmonie qu’il trouve dans la phrase, plut√īt que par l’envie de te serrer la main en se pr√©sentant comme po√®te.

Oui, et puis c’est assez horrible de se dire ouvertement po√®te.
√áa c’est horrible. Et quand les mots bousculent ta pens√©e, √ßa complique beaucoup de choses hein. C’est compliqu√© les mots. Regarder le mot ¬ę¬†dieu¬†¬Ľ, on est tr√®s emb√™t√© avec le mot ¬ę¬†dieu¬†¬Ľ, avec le mot ¬ę¬†amour¬†¬Ľ aussi. Parce que le verbe ¬ę¬†aimer¬†¬Ľ se conjugue pratiquement √† toutes les personnes et √† toutes les choses… En po√©sie, ces grands mots sont souvent convoqu√©s, c’est pour √ßa que c’est dur de faire de la po√©sie.

C’est le d√©fi¬†: comment dire quelque chose d’encore substantiel avec des ¬ę¬†mots valises¬†¬Ľ…¬†?
C’est pareil pour le verbe ¬ę¬†croire¬†¬Ľ, parce qu’il signifie √† la fois la foi la plus aveugle que l’h√©sitation, le¬†: ¬ę¬†– T’es s√Ľr¬†? – Non, je crois¬†¬Ľ √áa fait large pour un mot.

(A SUIVRE.)

5. IMG_6032 (c)Barbara d'Alessandri

4 réponses
  1. Jonn Toad
    Jonn Toad dit :

    Un marchand de disques m’a dit un jour que Jean-Louis Aubert √©tait le Mick Jagger du pauvre.
    Cette consid√©ration stupide ne m’a bizarrement jamais quitt√©.

    En tout cas cette interview est tr√®s int√©ressante, si ce n’est parce que la collaboration JLA/MH intrigue les braves gens, au moins parce que une icone de la culture populaire dit des choses au sujet de notre manie de barbouiller le r√©el de nos expectatives int√©rieures.

  2. Sylvain Fesson
    Sylvain Fesson dit :

    J’aime pas trop ce genre de remarque, “le Mick Jagger du pauvre”, √ßa sent l’autoflagellation fran√ßaise. l’Am√©rique c’est l’Am√©rique et la France c’est la France, le rock le rock et la chanson la chanson, Jagger Jagger et Aubert Aubert. Tu vois ? Les deux c’est bien. En tous moi j’aime les deux !

  3. moi
    moi dit :

    Tout comme la partie numero 1, cette retranscription est vraiment passionnante, dans le sens o√Ļ on sent que l’intervieweur/√©couteur/rebondisseur √© c o u t e , est plus qu’attentif √† ce que M. Aubert dit , et d√©veloppe …
    Ajout√© √† √ßa que vous n’avez pas tranch√©-charcut√©-condens√©-√©dulcor√© les r√©ponses( ce qui devient syst√©matique …’ailleurs’ ) , on a l√† un √©change pr√©cieux , qui rend compte de la pens√©e-en-mouvement , qui rend compte de la complexit√© du Conteur…
    et…
    et pour la peine, c’est un tel plaisir que de vous lire, Sylvain , qu’on vous excuserait presque d’orthographier Corine avec deux ‘n’, de croire que Richard K. a cess√© de jouer avec JLA apr√®s T√©l√©phone =o} …et on vous passerait presque votre mauvaise foi ;oP,consistant √† pr√©tendre qu’il n’y a que deux ou trois chansons √† sauver sur les albums solo de l’artiste 3o} !!!
    Justement , si vous avez trouv√© du charme √† ‘Stockholm’, et √† ses partis-pris, ses ‘risques’, ses ‘atypismes’=o} , vous devriez reposer une oreille(les deux!) sur les premiers opus d’Aubert , qui sont truff√©es de p√©pites ,un peu noy√©es parfois peut-√™tre par la production,mais d’authentiques petits bijoux , discrets et ‘non-single-isables’,suffisament magiques pour accompagner looooongtemps l’auditeur … des chansons ‘ouvertes’, et tr√®s √©vocatrices ,√† multiples sens… qui accompagnent , qui √©voluent …qui mouvement-isent ! , comme la vie =o>

  4. Sylvain Fesson
    Sylvain Fesson dit :

    Bonjour Lylian,
    Ton message est tellement sympathique que je t’excuserai presque de m’accuser de mauvaise foi ahahah ūüėČ
    Merci pour l’histoire du double N, je viens de corriger cela.
    Du reste que (te) dire ?
    Je peux te tutoyer ?
    Non, bien s√Ľr que je sais que Kolinka a continuer √† jouer avec Aubert apr√®s T√©l√©phone.
    J’ai un peu sch√©matiser le truc oui.
    On a beau vouloir rendre la complexit√© des choses, dans toutes ses nuances, pour tracer une trajectoire, la faire comprendre, faut parfois faire l’√©conomie de certains d√©tails, surtout si on n’√©crit pas une biographie sur 200 pages ūüėČ
    Je suis d’accord, y’a de bonnes chansons sur les disques solos d’Aubert, parfois avec une prod pas top, surtout ses deux premiers albums des ann√©es 80… mais je pouvais pas toutes les citer, √† part les morceaux tubesques, et l√† oui y’en a toujours au moins 2-3 par disque.

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