ITW ROCK, OFF RECORD

SONIC SAT’ : POP AT BOTH SIDES

VISUEL POCHETTE 300dpi 1024x923 SONIC SAT : POP AT BOTH SIDES


31 décembre 2010 : « Salut, j’ai vu les Smiths sur ta page et je me suis dit que tu pourrais apprécier ce projet pop rock », smiley, signé Pierre Dubost. On reçoit souvent ce genre de messages Facebook quand on est journaliste musique. Et souvent ça tourne court : « Pas mal ton trip hop mais un peu trop Morcheebesque Petits Poneys pour moi ». Signe qu’on a quand même écouté. Je suis donc allé écouter Sonic Satellite. Ça m’apprendra à poster le clip « Death of a Disco Dancer ». L’instant d’après je linkais « Show me the way ». Sous quinze jours je les avais vus en concert.

C’était le 18 janvier 2011 au Truskel, un petit bar rock dans le 2e arrondissement de Paris. Je me souviens, ils avaient joué comme un seul homme, énergique, à la The Strokes meet The Smiths, et en plein set je l’avais appelée. C’est bête, mais elle devait entendre ça, sentir que ça me faisait faire tilt. Car je sais qu’elle aussi, comme lorsqu’elle dodelinait de toute sa rousse beauté en écoutant en boucle « Undercover of Darkness ». Sentir mon enthousiasme (qui « porte Dieu en soi »), ce tunnel of love qui faisait se toucher nos mains au fond du grand bac à sable de la life…

A l’époque, Sonic Satellite faisait déjà partie de notre bagage musical, de cette grande mixtape qu’était notre histoire. Une relation si high level et High Fidelity ça ne m’était jamais arrivé. On avait commencé par s’écrire suite à mon interview d’Interpol, elle à Rouen, moi à Paris. On avait fini par se voir à l’Olympia pour The National. Elle était belle, avait bon goût, lisait Magic, faisait de la radio. Elle était vite devenue ma White Goddess. D’autres groupes avaient suivi : Arcade Fire, Phœnix, REM, Dominique A, Keren Ann, etc. Bagage que j’ai retrouvé chez le buddy Dubost.

Pierre Dubost chanteur bassiste SONIC SAT : POP AT BOTH SIDES

Dans ce groupe, le chanteur songwriter c’est le bassiste, Pierre, parce que gamin il a flashé sur la basse d’ « Exercice One » de Joy Division. Après des études d’ingénierie mécanique et de socio, il a laissé sa passion de côté. Mais ses discussions et bœufs avec son voisin de palier de l’époque, Philippe Almosnino, aka Phil Wampas, guitariste des Wampas, l’ont remis dans le droit chemin. Quittant son job de consultant en développement de projets informatiques à la Défense il a vite décroché sa première expérience de musicien pro en tant que bassiste sur la tournée de Tarmac.

Le batteur est un pote, Jean-Baptiste Ayoub, rencontré à 18 ans. Ensemble, ils ont déjà sorti deux albums de pop rock avec les groupes Sugarbeans (2007) et Deneuve (2008). Le guitariste est Guillaume Fresneau, l’ex chanteur songwriter du groupe folk rock Dalhia, qu’il a croisé sur la tournée de Tarmac (2003). J’aime ces mecs et Sonic Satellite parce que je pourrais leur attribuer les propos que Guy Chadwick, le chanteur compositeur de The House of Love, interviewé par Christian Fevret, formulait à propos de New Order dans Les Inrockuptibles de février / mars 1990 :

« A chaque fois que je les ai vus, j’ai été impressionné, tellement ils semblaient normaux, indemnes, non souillés. Ils n’ont jamais dit « Voilà ce qu’on pense de la religion, de la politique, ce qu’il faut porter », mais seulement « Voilà, nous aimons boire de la bière et faire des disques et tant pis si vous n’aimez pas notre musique car nous nous l’aimons. » Comment aspirer à autre chose ? Et ils sortaient sans effort des choses comme « Technique » ou « Blue Monday », pour moi la bande son des années 80. J’espère que cette éthique musicale traversera les années 90… »

Guillaume Fresneau guitariste 31 SONIC SAT : POP AT BOTH SIDES

Sonic Satellite c’est ça, sois pop et tais-toi, à hauteur d’homme, sans effets de manche. De la pop qui envoie comme on n’en voit pas tous les jours. Mais aussi un s(tr)ongewriter avec qui on peut parler de Keren Ann (dont il assure parfois la basse sur scène), de The Buggles (« Video Killed The Radio Star » fut son premier émoi musical), des comics (son autre passion), de Kayne West, de Cameo et de Prince (il a beaucoup joué du funk et du hip hop). Un groupe qui aime Joy Division, bien sûr, la rugosité, la noirceur, mais qui aura toujours une préférence pour ceux qui célèbrent la vie.

Leur premier EP qui sort en digital le 14 novembre chante d’ailleurs l’amour qui ne sépare pas, mais doit plutôt se trouver un appart pour grandir, s’épanouir. Ils l’ont enregistré eux-mêmes en trois mois entre fin 2010 et début 2011 au studio La Folie de Jibé ; l’ont fait mixer à Londres par Mark Rankin (Bloc Party, Florence and the Machine, Adele, Plan B, Friendly Fire) qui les avaient déjà produits du temps de Sugarbeans ; et masteriser par Jean-Pierre Chalbos (La Source). En 5 titres sur-efficaces de 3’40 » (max), j’y retrouve tout ce qui m’avait plu dans leurs déflagrations pop’n’rock :

Le refrain sanguin de « Show me the way », son galop de basse right in your face, les trépidations d’« I wish », son swing de Chupa Chups qui bat la chamade, la fin des cours, cet enchainement de deux tubes. Puis la voilure shoegaze et slow (like honey) de « Family », la vélocité retrouvée de « Blue » (monday ?) et le calme assassin lancinant d’ « A New Joy ». « How I like your company / How I like to set you free… » chante Pierre, ad lib. On dirait que la chanson parle d’elle-même. Ils joueront le dimanche 20 novembre à l’International. Si tu aimes les Smiths rdv là-bas ! (INTERVIEW)

Jean Baptiste Ayoub 682x1024 SONIC SAT : POP AT BOTH SIDES

Crédits photos : Fabrice Morvan

4 commentaires

Laisser un commentaire

Votre courriel ne sera jamais rendu public. Les champs marqués d'un astérisque (*) sont obligatoires