LE MOME PIAF (ANTONY HEGARTY)

5 avril 2005. 17h. 8e arrondissement de Paris. Hôtel Lord Byron. « Désolé pour le retard », me glisse, tout honteux, Antony, comme si j’étais quelqu’un, comme s’il était un môme, et qu’il avait fait une bêtise, tout cassé sur son passage. Aussitôt les banquettes rejointes, théières et soucoupes débarquent. Fragile comme la porcelaine et muet comme un sphinx, il attend sagement que je le sonne. Son physique étonne. Il contraste avec le chant soul que j’ai entendu sur le disque. Androgyne. Génie. Physiquement, sans vouloir paraître grossier, c’est plus une baleine qu’un oiseau qui me fait face. Ou alors Gu Gu Ganmo. Une poule. Pâle et ronde comme un œuf. Il a le doux regard de l’agneau pas encore sevré. On dirait une chimère tout droit sortie de l