STARWALKER : « LOSERS CAN WIN » (CLIP)

Le premier album né de l’association de Jean-Benoît Dunckel de AIR (45 ans, français) et de Bardi Johannsson de Bang Gang (39 ans, islandais) devrait sortir début 2015 annoncé par un single prévu pour septembre 2014. Losers Can Win, leur premier EP (5 titres) est sorti le 17 mars dernier – jour de mon anniversaire – et je ne m’en suis toujours pas remis. Notamment de son single, « Losers Can Win ». Un morceau de rêve. Win(G)man. Mais qui ne leur ai pas tombé dessus tout seul, comme me le disait ce même jour JBD dans le long entretien qu’il m’a accordé.

Et voici donc le clip total kitchou de « Losers Can Win ». Clip où Bardi et JB se moquent du temps béni de l’industrie où on pouvait faire des clips avec de la coke et de la pute, pardon du strass et des paillettes. Une certaine idée des années 80 (les mannequins des pubs Eram), quand Gold triomphait au TOP 50 (« Un peu plus près des étoiles »). Mais derrière c’est une méditation sur l’inspiration et la magie qui tournicote (« You say you have given it your best shot / You still ain’t close to all that you’ve got / Win you can win… / No need to show off with your guitare / One single note will get you far / Win you can win…), une méditation sur la réussite, le nouveau départ, l’éternel retour.

Comment aller encore vers l’infini et l’au-delà quand on est plus si jeune, qu’on a soi-disant ses faits d’armes derrière soi ? Comment continuer à rêver, désirer, chercher quand on est devenu un adulte ans ce monde-là ? Comme JBD le disait dans le n° de mai-juin-juillet 2014 spécial « Avenir de la musique » de la revue Usbek & Rica, lui « ne travaille pas tellement pour le succès commercial mais plutôt pour la postérité. Un jour, peut-être, on dira : « Jean-Benoît, il a fait beaucoup de merdes, sauf ce morceau. » Et un seul morceau restera… »

« En fait, y poursuit-il, je suis obsédé par une nouvelle forme de musique. Je la cherche mais je ne la trouve pas encore. Elle ressemble vaguement à ce que je produis mais je n’arrive pas encore à décoller totalement. C’est pour ça que j’ai vraiment besoin de refaire beaucoup de piano et de mieux appréhender la musique classique pour me nourrir. » D’où les lunettes wide open du vidéoclip, ce côté laborantin/colibri, Professeur Weetos/Little Nemo.

Jean-Benoît est un chercheur, passeur de futurs.

A la base Usbek & Rica, qui (se) promet d’explorer le futur, l’avait donc questionné sur la musique qui restera et il avait parlé d’émotion (« il faut une charge émotionnelle anormalement forte pour qu’un morceau reste, forte mais sincère ») et donné en exemple « Le Boléro » de Ravel, qui « ne repose sur rien », qui « est une musique en boucle, en équilibre instable, qui part pianissimo et parvient à une explosion totale ».

« Finalement, ce n’est que de l’arrangement… Un peu comme une boule de neige qui tombe d’une montagne.. Et pourtant ce morceau est universel. Pour moi, c’est le gold du gold. C’est tellement puissant qu’il peut passer plusieurs centaines d’années ». « Le Boléro », c’est la musique ! ».

« Losers Can Win » ?

A bientôt, peut-être pour une nouvelle interview du groupe avec séance photo…

 

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